Copa America: Everton, "Petit Oignon" et promesse du Brésil

Reuters

 

En ouvrant son compteur buts avec la Seleçao d'une splendide frappe enroulée, Everton Sousa a montré que Tite pouvait compter sur lui pour mettre un grain de folie après un début poussif dans la Copa.
 
À peine quatre minutes après être entré en jeu sur au stade Morumbi de Sao Paulo, le Brésilien de 23 ans a montré tout son talent de dynamiteur pour parachever le succès des siens face à de bien pâles boliviens (3-0). De quoi postuler à une place de titulaire sur l'aile gauche, habituellement la chasse gardée de Neymar, blessé, accusé de viol et absent.
 
Aligné d'entrée par Tite lors du math d'ouverture, David Neres, auteur d'une belle saison avec l'Ajax, n'a pas démérité, mais le jeune attaquant de Gremio a la cote auprès du public brésilien, déjà habitué à ses arabesques dans le championnat local.
 
Everton est un des trois seuls joueurs évoluant au pays, avec le troisième gardien Cassio et le latéral remplaçant Fagner. Cela compte beaucoup pour les supporters, qui déplorent souvent le fait que leurs jeunes talents quittent le pays trop tôt et que la Seleçao ne compte pas assez de représentants du Brasileirao.
 
Originaire de l'Etat pauvre du Ceara (nord-est), Everton Sousa a fait ses grands débuts professionnels avec Gremio en 2014 et s'est forgé un solide palmarès avec le club du sud du Brésil, remportant la Coupe du Brésil en 2016 et la Copa Libertadores l'année suivante (Rien à voir avec le Everton passé au PSG). 
                  
- "Audace" -                  
                  
Le dribbleur de Gremio était censé encore débuter sur le banc mardi soir contre le Venezuela, à Salvador, mais son entrée en jeu tonitruante lors du match d'ouverture de vendredi devrait lui permettre de grignoter plus de temps de jeu, voire plus si affinité.
 
"Everton doit être titulaire de la Seleçao", a affirmé sans équivoque Juca Kfouri, un des chroniqueurs les plus respectés du Brésil, dans les colonnes du quotidien Folha de S. Paulo.
 
"Il faut avoir le courage d'aligner ceux qui ont l'audace de jouer au ballon", a-t-il ajouté, visiblement agacé par le début de match frileux des protégés de Tite, hués à la mi-temps d'une rencontre seulement débloquée après la pause, par un doublé de Philippe Coutinho et l'éclair d'Everton.
 
À 85 minute de jeu, le numéro 19 déborde sur la gauche, repique dans l'axe, laisse deux défenseurs sur place et décoche une merveille de frappe enroulée du droit.
"C'est une de mes actions caractéristiques, j'aime repiquer dans l'axe. J'ai enchaîné deux feintes de frappe et j'ai tiré fort, sans aucune chance pour le gardien", a-t-il répondu avec culot au micro de TV Globo après la rencontre.
 
Appelé par Tite pour la première fois dès le premier rassemblement après le Mondial-2018, il incarne le rajeunissement de l'attaque brésilienne, avec de Neres et Richarlison, 22 ans tous les deux.
                  
- "Impatience" -                  
                  
Même s'il s'est contenté de bouts de matches en sept sélections, Everton a avoué que faire trembler les filets sous le maillot de l'équipe nationale commençait à le démanger. 
 
"Je voulais vraiment inscrire ce premier but, je m'en voulais de ne pas marquer et je commençais à devenir impatient", a-t-il déclaré après la rencontre.
 
Maintenant que son compteur est débloqué avec la Seleçao, ce sont les supporters de Gremio qui commencent à se faire du souci pour leur joueur déjà très courtisé par de grosses écuries européennes. Après match contre la Bolivie, Manchester City a publié sur Twitter des photos de ses joueurs brésiliens ayant évolué sous le maillot (blanc, pour l'occasion) du Brésil. Fernandinho et Gabriel Jesus apparaissent, mais aussi Everton, de dos, aux côtés du second.
 
"Everton n'est pas à vendre", s'insurgeait un internaute, tandis qu'un autre proposait: "Agüero + 50 millions d'euros et on peut discuter".
 
Blague à part, Gremio a prolongé le contrat de son joyau jusqu'en 2022 fin août, avec une clause libératoire de 60 millions d'euros.