Mondiaux-2017 - Deux heures, trois titres: Dressel super-héros

AFP

Le héros de la soirée s'appelait Caeleb Dressel: le sprinter américain de 20 ans a joué une pièce en trois actes, en moins de deux heures, aux Championnats du monde de natation, samedi à Budapest.

Elle s'est ouverte à 17h40 locales (15H40 GMT), avec la finale du 50 m. Pour Dressel, elle n'a duré que 21 sec 15. Soit le meilleur temps de l'histoire hors combinaisons, devant Florent Manaudou (21.19).

Elle s'est poursuivie à 18h15, en finale du 100 m papillon, avec un nouveau coup de tonnerre: une victoire en 49 sec 86, à un souffle - quatre centièmes précisément - du record du monde de la légende Michael Phelps (49.82), établi du temps des combinaisons. Un chrono qui fait de lui le troisième homme seulement sous les 50 secondes, derrière Phelps et devant le Serbe Milorad Cavic (49.95 en 2009).

"Il n'y a pas de mots pour décrire à quel point il est rapide. Et encore, il avait nagé juste avant. Il m'a carrément botté les fesses, je ne peux pas le dire autrement", s'est incliné le nageur de Singapour Joseph Schooling, champion olympique en titre et troisième samedi (ex aequo avec le Britannique James Guy).

"Plus que le temps, je suis impressionné par sa capacité à enchaîner les épreuves, a poursuivi Schooling. Ce n'est pas la peine que je vous dise combien c'est un bon nageur, vous l'avez vu."
                  
'Pas le temps de réfléchir'                 
                  
Sa deuxième médaille d'or à peine collectée, Dressel se pressait de nouveau en chambre d'appel. Dix minutes plus tard, le relais 4x100 m mixte américain qu'il avait lancé en 47 sec 22 (!) était sacré champion du monde.

Il n'était que 19h30 et Dressel, déjà roi du 100 m en 47 sec 17 jeudi, venait de s'offrir sa troisième couronne de la soirée. Sa sixième de la semaine au total (avec le 4x100 m et le 4x100 m 4 nages mixte).

"Je n'ai pas vraiment eu le temps de réfléchir ce soir (samedi)", a lancé Dressel.

"Les courses s'enchaînent, c'est exigeant physiquement et c'est encore plus épuisant mentalement", a-t-il expliqué.

Les exploits de Dressel ont éclipsé ou presque le quintuplé bouclé par l'Américaine Katie Ledecky, victorieuse du 800 m (8:12.68) et le record du monde du 50 m (23.67) battu par la Suédoise Sarah Sjöström, dans la foulée de son succès sur 50 m papillon. 

"Il est incroyable, c'est un super athlète", a reconnu Ledecky. 
                  
Sjöström remet les pendules à l'heure                  
                  
Comme à Kazan il y a deux ans, l'Américaine a amassé cinq médailles d'or (400 m, 800 m, 1500 m, 4x100 m et 4x200 m à Budapest, 200 m, 400 m, 800 m, 1500 m et 4x200 m en Russie), mais elle a été stoppée dans sa quête de sextuplé par l'Italienne Federica Pellegrini sur 200 m. Ca ne l'empêche pas d'être désormais la nageuse la plus titrée dans l'histoire des Championnats du monde, avec quatorze couronnes.

Au lendemain de sa désillusion sur 100 m, dans lequel elle a dû se contenter de la médaille d'argent alors qu'elle était devenue dimanche la première femme à passer sous les 52 secondes (51.71), Sjöström a remis les pendules à l'heure samedi.

D'abord en conservant le titre du 50 m papillon après celui du 100 m papillon lundi. Et ce, en s'approchant de son record du monde (24.60 contre 24.43) et en repoussant ses plus proches rivales à près de huit dixièmes (Kromowidjojo 2e en 25.38, Osman 3e en 25.39).

Ensuite en abaissant en demi-finales la marque de référence du 50 m, propriété de l'Allemande Britta Steffen depuis 2009 (23.73), à l'époque des combinaisons.

La Suédoise de 23 ans détient désormais quatre records du monde, ceux du 50 m, 100 m, 50 m papillon et 100 m papillon.

Et pour couronner la soirée, deux médailles d'argent hongroises, remportées par Katinka Hosszu sur 200 m dos (2:05.85) et le tout jeune Kristof Milak (50.62), 17 ans seulement, sur 100 m papillon, qui ont donné à la bouillante "Danube Arena" des raisons supplémentaires de vibrer.