Sans surprise, l'athlétisme russe reste sur la touche

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Mais les conditions restant à remplir pour une réintégration ont connu des avancées majeures, ce qui laisse ouverte la possibilité de voir la Russie présente à Doha, pour l'évènement majeur de l'année athlétique (27 septembre - 6 octobre).

Pour le moment, l'IAAF, dernière institution emblématique à bannir la Russie, reste donc sur une ligne stricte, alors que le drapeau russe n'est plus apparu dans une compétition internationale d'athlétisme depuis les Mondiaux de Pékin en 2015.

L'IAAF requiert toujours deux conditions avant la réintégration de la Fédération russe d'athlétisme (Rusaf): le paiement par la Russie des coûts générés par le traitement du scandale et l'accès aux données du laboratoire antidopage de Moscou, théâtre d'une fraude massive entre 2011 et 2015. Deux conditions en voie de résolution si l'on en croit Rune Andersen, le directeur de la Task Force de l'IAAF dédiée à l'évaluation des progrès russes en matière de lutte antidopage.

"La Fédération russe d'athlétisme (Rusaf) a soulevé des problèmes logistiques à propos du paiement. Des problèmes que l'IAAF va résoudre sous peu", a-t-il assuré lundi en conférence de presse pour le premier point.

"Les données (du laboratoire de Moscou) sont en cours d'authentification par l'AMA, qui a fait de la transmission des données à l'AIU (Unité d'intégrité de l'athlétisme) une priorité", a-t-il continué sur le second point.                 

Un bémol avec les anciens coachs                  

L'Agence mondiale antidopage a en effet débuté mercredi la phase d'authentification des données électroniques du laboratoire de Moscou récupérées mi-janvier, après avoir terminé une première phase de téléchargement, un processus qui peut durer en tout entre deux et trois mois.

L'AMA avait de son côté pris le parti de réintégrer la Russie le 20 septembre, avant d'obtenir les données du laboratoire. Le comité olympique russe n'est plus suspendu depuis un an, et le comité paralympique russe a été réintégré au mouvement il y a un mois.

L'IAAF est donc la dernière instance emblématique --avec la fédération internationale de biathlon (IBU) dans une moindre mesure-- à suspendre la Russie, même si de nombreux Russes sont désormais autorisés à concourir sous bannière neutre.

Un bémol a été soulevé toutefois par M. Andersen à propos d'informations révélées dimanche par la télévision allemande ARD, qui affirme notamment qu'un ancien responsable de l'équipe nationale d'athlétisme à l'époque du dopage organisé, Valentin Maslakov, a toujours des fonctions au sein de l'équipe nationale.

L'ARD assure, documents à l'appui, que sur les 94 membres du staff de l'équipe nationale en 2019, 63 ont eu des fonctions au sein de l'équipe à la période du scandale de dopage. De quoi se poser des questions sur le "ménage" censé avoir été fait dans l'athlétisme russe.

"(Ces allégations) vont à l'encontre des assurances reçues par la Task force de la part de Rusaf, qui s'est dissocié de l'ancienne organisation", a indiqué M. Andersen.

"La Task force a écrit aujourd'hui à Rusaf pour demander des éclaircissements (...) et demander comment l'AIU peut enquêter sur ces allégations."

Le ministre russe des Sports Pavel Kolobkov a lui fait savoir que "les entraîneurs suspendus ne font pas partie de l'équipe nationale".

Des secousses du scandale continuent par ailleurs de rythmer l'actualité sportive: 12 nouveaux athlètes russes, dont le champion olympique de la hauteur Ivan Ukhov, ont été suspendus le 1er février sur la base des révélations du rapport McLaren qui avait documenté le système de dopage.