Les 10 moments qui ont marqué l'année de sport
Alors que 2025 touche à sa fin, retour sur les grandes performances et les instants forts de cette riche année de sport, même sans Coupe du monde, Euro ou JO.
Comment résumer une année de sport ? Forcément, il faut faire des choix, et tant pis pour Lando Norris en Formule 1, le Thunder et l'Allemagne en basket. Tant pis aussi pour Tadej Pogacar qui a banalisé ses exploits, et Kylian Mbappé qui marche dans les pas de Cristiano Ronaldo.
Le PSG vainqueur de la Ligue des champions
Paris en rêvait tout haut depuis des années, et est allé au bout de son ambition. Après un début de saison ô combien poussif (15e seulement de la nouvelle phase de ligue), le PSG s'est mué en machine à gagner en C1. Brest en barrages (10-0 cumulé aller-retour), le favori d'alors Liverpool en huitièmes de finale, Aston Villa en quarts de finale puis Arsenal en demi-finale… La formation de Luis Enrique est montée en puissance au fil des tours avant l'apothéose. Le 31 mai 2025 restera à jamais un grand moment du sport français, avec la deuxième Ligue des champions d'un club tricolore. Et de quelle manière ! Les Parisiens ont humilié l'Inter Milan dans une finale à sens unique comme jamais dans l'histoire (5-0). Un nouveau champion est né, autour d'une équipe à l'origine sans "superstar" et en développement, à l'image de Désiré Doué, auteur d'un doublé face à l'Inter.
La finale de Roland-Garros Alcaraz - Sinner au Panthéon du tennis
S'il fallait retenir un moment de cette année qui pourrait à jamais rester dans les annales, tous sports confondus, ce serait probablement celui-ci. Enfin par moment, on entend plutôt 5h29 d'un match d'anthologie. Cette finale entre Carlos Alcaraz et Jannik Sinner avait tout de la légende : les deux patrons du circuit face-à-face, un niveau de jeu dantesque notamment dans les deux derniers sets, et une dramaturgie hallucinante. L'Espagnol a sauvé trois balles de match consécutives dans le quatrième set, l'Italien a, lui, effacé un break de retard dans la cinquième manche alors que son rival servait pour le titre. Même un résumé d'un quart d'heure ne fait pas honneur à ce que ce match a offert. Un chef d’œuvre qui pourrait faire tomber amoureux du tennis même les plus réfractaires.
Les 6,30m passés par Armand Duplantis
Armand Duplantis n'évolue pas tout à fait dans la même dimension que ses semblables. Chaque sortie du perchiste suédois n'est pas seulement une opportunité de gagner, mais de repousser un peu plus, centimètre par centimètre, les limites du record du monde. Mais quel meilleur contexte qu'une finale de Championnats du monde pour établir une nouvelle marque de référence ? Déjà assuré du titre mondial, Duplantis s'attaque à une barre à 6,30m. Une fois, puis deux, elle se refuse à lui. Mais pas à la troisième tentative. Le roi du sautoir donne tout, avec une technique irréprochable. La barre tremble puis se fige. Et le public de Tokyo qui retenait son souffle explose. Duplantis signe son 14e record du monde en carrière, à des hauteurs que l'on ne pensait pas atteignables. Prodigieux.
Le Tour de France de Pauline Ferrand-Prévôt
Championne olympique de VTT à Paris l'an passé, Pauline Ferrand-Prévôt s'était lancé un nouveau défi : revenir sur route et se donner deux ans pour tenter de remporter le Tour de France. Il ne lui a fallu que quelques mois pour s'offrir à la surprise générale Paris-Roubaix, la première Française à inscrire son nom au palmarès. Sur le Tour, "PFP" est tout proche de signer les débuts parfaits en offrant sur un plateau la première étape à sa coéquipière Marianne Vos. Mais les jambes sont là, et la coureuse de la Visma | Lease a bike va en faire une démonstration éclatante. Dans le Col de la Madeleine, juge de paix de l'épreuve lors de l'avant-dernière étape, Ferrand-Prévôt écœure la concurrence et s'impose avec 1'45" d'avance sur sa dauphine. En jaune pour la dernière étape, elle ne se contente pas d'assurer et part à 6,5 kilomètres de l'arrivée pour ne plus jamais être reprise. Le sacre est total pour une immense championne.
L'UBB champion d'Europe
Pour la sixième année de suite, une formation française était en finale de la Champions Cup. Mais cette fois, ce n'était ni le Stade Toulousain, ni le Stade Rochelais ou éventuellement le Racing 92. L'Union Bordeaux-Bègles a confirmé sa place comme nouvelle place forte du rugby tricolore. Le 24 mai dernier, les Girondins ont dominé les Anglais des Northampton Saints (28-20) en restant fidèle à son identité : une équipe joueuse, portée vers l'offensive avec les internationaux Damian Penaud (doublé en finale) et Louis Bielle-Biarrey sur les ailes. Les joueurs de Yannick Bru auraient même pu faire coup double lors d'une super finale du Top 14, finalement remportée par Toulouse.
Le Ballon d'or d'Ousmane Dembélé
La folle saison du PSG avec ses cinq trophées (Ligue 1, Coupe de France, Trophée des champions, Supercoupe d'Europe, Coupe intercontinentale) se devait d'avoir ses héros. Mais aucun ne le restera autant qu'Ousmane Dembélé. L'attaquant français a signé une saison exceptionnelle, délaissant l'inefficacité qui le caractérisait souvent pour une réussite clinique. Ses 35 buts, notamment ceux sur les pelouses de Liverpool et d'Arsenal en Ligue des champions, ont porté le club parisien au firmament. Cela valait bien un Ballon d'or surprise oui, mais ô combien mérité.
La chute de Lou Jeanmonnot
2025 n'a pas toujours été que des moments heureux. Le biathlon français, en particulier l'équipe de France féminine, en a connus de nombreux, avec les cinq titres mondiaux sur les sept possibles auxquels elle pouvait contribuer à Lenzerheide. Le feu d'artifice aurait pu être total, avec le gros globe de cristal de Lou Jeanmonnot. La Tricolore espérait avoir fait le plus dur en reprenant la tête du général juste avant la dernière course de la saison, la mass start d'Oslo. Jeanmonnot était au coude-à-coude - au sens propre comme au figuré - avec sa poursuivante, l'Allemande Franziska Preuss, quand elle a chuté dans un virage serré, à peine plus d'une minute avant l'arrivée. Le crève-cœur est énorme pour la Doubiste.
Le final de Jimmy Gressier
Jimmy Gressier n'était pas un favori pour devenir champion du monde du 10 000 mètres à Tokyo le 14 septembre dernier. A vrai dire, il ne l'était même pas pour une place sur le podium. La performance du Nordiste n'en est que plus retentissante. Après une première partie de saison déjà très réussie, Gressier a fait tomber la foudre sur la concurrence, dans une fin de course ébouriffante. Sixième aux abords du dernier virage, l'athlète de 28 ans a serré les dents, sans jamais sortir de son plan : tenir à la corde pour mettre la pression et attendre que la porte s'ouvre. Puis il l'a enfoncé, sans se rendre compte qu'il avait déposé tous ses adversaires. Jamais un Français n'avait décroché la moindre médaille mondiale, que ce soit sur 5 000 ou 10 000 mètres. Jimmy Gressier a fait les deux, puisqu'après l'or du 10 000, il est allé chercher le bronze sur le 5 000.
Le record du monde fou de Léon Marchand
A la manière d'Armand Duplantis, avec Léon Marchand, les unités de mesure deviennent comme abstraites. Eux seuls fixent leur propre échelle de performance. Après ses JO monumentaux, Marchand avait prévenu, 2025 serait une "année de transition" pour tester de nouvelles épreuves et s'ouvrir le champ des possibles. Mais aussi conserver encore cet appétit de grandeur. Les Championnats du monde de Singapour ne seront pas ceux d'une moisson XXL, mais de performances ciblées. Comme le 200 mètres 4 nages, qu'il avait remporté à Paris mais en butant d'un souffle sur le record du monde (1'54"06 contre 1'54" tout rond). En demi-finale, Marchand atomise la marque établie par Ryan Lochte en 2011 : 1'52"69. Le Toulousain remportera le lendemain le titre mondial avec le deuxième chrono de tous les temps.
La 100e victoire de Mikaela Shiffrin
Ce n'était qu'une simple "épreuve" de la Coupe du monde de ski le 23 février à Sestrières. Mais pour Mikaela Shiffrin, elle avait un sens tout particulier. Et l'Américaine a transformé la banalité du cirque blanc en une marque historique. Vainqueur du slalom dans la station italienne, Shiffrin est devenue la première skieuse tous genres confondus à atteindre les 100 victoires en Coupe du monde. Les succès, elle les connaît par cœur. Mais il lui avait fallu attendre trois mois entre son 99e bouquet et le mur du cent, la faute notamment à une vilaine chute le 30 novembre alors que ce cap était à portée de bâton. Blessée à l'abdomen, elle est opérée à plusieurs reprises pour une plaie importante. Alors les larmes de Shiffrin n'étaient pas seulement celles du travail accompli, mais aussi celles de la peur qui s'enfuit, d'une petite renaissance. Celle d'une légende absolue des sports d'hiver.








