Nolan Traoré, la leçon cruelle d’une grande soirée
Auteur de la meilleure performance de sa jeune carrière NBA face aux Celtics, Nolan Traoré a pourtant quitté le parquet frustré.
Le visage était fermé, presque sombre, en conférence de presse. Et pourtant, Nolan Traoré venait de vivre la meilleure soirée de sa très jeune carrière NBA. Avec 21 points, un nouveau record personnel, à 7/13 au tir, 2/4 à trois points et 5/6 aux lancers-francs, le meneur français avait longtemps porté les Nets dans un match haletant face aux Celtics. Mais dans une rencontre qui s’est jouée sur des détails, un seul a fini par tout éclipser.
Ce détail, c’est un lancer-franc manqué en première prolongation. Brooklyn aurait pu alors prendre ses distances, mais cet échec a laissé Boston à portée de tir. Quelques secondes plus tard, Hugo Gonzalez sanctionnait la défense new-yorkaise pour arracher une deuxième prolongation. Dans ces cinq minutes supplémentaires, les joueurs de Joe Mazzulla ont fini par faire la différence, laissant Traoré et les Nets avec une défaite aussi frustrante qu’instructive.
« Tu apprends que chaque détail compte. Et chaque erreur se paie cash », résumait le Français après la rencontre. « C’est ça qui nous a coûté le match. » Une analyse lucide, à l’image de la maturité qu’il affiche déjà malgré ses 19 ans.
Car au-delà de l’issue cruelle, cette soirée confirme une tendance forte dans une saison placée sous le signe de la reconstruction. De plus en plus souvent, c’est Traoré qui termine les matchs, et c'est un signal clair de la confiance que le staff place en lui, même dans les moments les plus brûlants.
Son entraîneur, Jordi Fernandez, n’a d’ailleurs pas caché sa satisfaction. « Nolan a joué des minutes importantes et il a répondu présent », a-t-il expliqué. « À seulement 19 ans, il nous apporte quelque chose de très précieux : sa capacité à attaquer le cercle, à mettre de la pression dans la raquette, à être insaisissable balle en main et à jouer le pick-and-roll. Quand il attaque l’axe, il oblige la défense à se refermer, ce qui ouvre des espaces et améliore notre spacing. Il a joué avec agressivité, vitesse, et il a aussi puni derrière l’arc. »
Reste encore une étape à franchir pour passer du statut de talent prometteur à celui de véritable chef d’orchestre. Fernandez attend davantage de voix, plus de communication, une présence encore plus affirmée sur le terrain. « Il y a encore des erreurs, et on a besoin qu’il progresse dans son rôle de meneur, notamment en parlant plus. Mais c’est un processus, étape par étape, et je lui fais confiance. »











