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Birmingham veut bien de Sharapova

Indésirable à Roland-Garros, Maria Sharapova a reçu une invitation pour le tournoi de Birmingha de la part de la fédération britannique.

Avec Maria Sharapova, il y a les pour et les contre. Et du côté des organisateurs, il y a ceux, les plus nombreux (Stuttgart, Madrid et Rome), qui lui déroulent le tapis rouge. Et la FFT, pour le moment seule, qui a choisi de ne pas inviter la Russe (suspendue 15 mois pour dopage) à Roland-Garros au nom de l'éthique. La fédération britannique (LTA), elle, a choisi son camp en offrant une wild-card à l'ancienne n°1 mondiale pour le tournoi de Birmingham.

"Ce n'est pas une décision prise à la légère et nous sommes conscients que tout le monde ne sera pas d'accord. Mais Maria a purgé sa peine et elle joue un tennis de haut niveau pour son retour, a officiellement justifié Michael Downey, le directeur de la LTA, avant de se lancer dans une explication surprenante. Il y a toujours débat sur les wild-cards. Comme Maria a gagné sa place pour les qualifications de Wimbledon, nous voulons donner aux fans britanniques la possibilité de la voir auparavant sur gazon, en Grande-Bretagne."

Money, money, money...

En privé, le discours est sensiblement différent. Le Daily Mail a mis la main sur une note interne de la fédération britannique, où Downey avoue sans scrupule privilégier les rentrées d'argent que lui assurera la venue de la star russe. "Certains pourraient s'interroger sur l'aspect moral de cette décision. Pas nous, admet-il. Elle a fait une faute que nous ne cautionnons pas. Elle a payé le prix avec ses 15 mois de suspension et peut désormais revenir au jeu. Nous ne prenons pas cette décision à la légère mais, comme tous les tournois WTA avant nous, nous lui avons accordé une wild-card pour Birmingham." Downey a négocié avec le clan Sharapova un accord pour deux saisons, et admet capitaliser sur les revenus attendus pour poursuivre le développement du tennis en Grande-Bretagne. Car il faut croire que le plateau attendu (Kerber, Pliskova, Muguruza, Cibulkova, Radwanska, Konta, Mladenovic...) ne suffisait pas à assurer le tournoi de faire le plein.

Cette décision ne plaît pas à tout le monde outre-Manche, où les athlètes suspendus pour dopage sont très mal vus. Il suffit d'ailleurs de comparer le traitement de l'affaire Sharapova par la presse britannique (*) avec celui de la presse américaine, plus indulgente. En ce sens, la tendance irait plutôt à ce que le All England Club emboîte le pas de la FFT et n'accorde pas d'invitation pour Wimbledon à la Russe, qui devra donc passer par les qualifications, auxquelles son classement lui donne accès. 

(*) Un journaliste britannique a même qualifié Bernard Giudicelli, le président de la FFT, de "nouveau héros" de la lutte antidopage.