Le Racing punit Toulon à Mayol 

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"Au rugby, il faut avoir le ballon si on veut être dangereux." Au concours de lapalissades, on a décidé de faire concurrence à Guilhem Guirado. C’est une évidence, les deux compères Liam Messam et Julian Savea, s’ils ont passé une bonne soirée dans les tribunes de Mayol à faire des vidéos du Pilou-Pilou qu’ils découvraient en live, après avoir été présentés à leur nouveau public, seront certainement plus utiles sur le pré. Les deux Champions du monde ne seront pas de trop pour donner plus de mordant à ce Rugby Club Toulonnais.

On a beau chercher, et pour donner raison à Guirado, il est rare de voir le club varois dominé comme il a pu l’être au cours des quarante premières minutes de ce choc en ouverture du Top 14 face au Racing 92. On attendait la « Collazo touch » en devinant une sacrée dose de combat dans la recette appliquée par le successeur de Fabien Galthié à son nouveau jouet. On n’a pas été déçu certes, mais l’ardeur de ses joueurs, incontestable, aura surtout été à l’œuvre pour écoper les voies d’eau dans une défense martyrisée une mi-temps durant par des Racingmen bien plus au point et déjà portés par ses recrues vedettes, l’Ecossais Finn Russel et l’Irlandais Simon Zebo.

Russel comme à la maison

Et c’est un miracle que ce RCT si copieusement dominé, presqu’incapable de dépasser la ligne médiane, se retrouve en tête à la pause (6-3) grâce à la seule botte de son jeune ouvreur, Champion du monde U20, Louis Carbonel (19 ans). L’explication ? C’est cette défense acharnée, qui vaut aux visiteurs deux essais justement refusés par la vidéo à Donnacha Ryan (6e) et à Juan Imhoff (19e). A chaque fois, un sacrifice salvateur de Florian Fresia ou Rhys Webb  retarde l’échéance quand ce n’est pas une couverture de Carbonel ou un en-avant de passe d’Henry Chavancy.

"On doit remettre la main sur le ballon." Collazo, interrogé par Canal+ sur le chemin des vestiaires, emboîte le pas de son talonneur. Avec la perspective qui plus est de jouer contre le vent. Mais le carton jaune sévère qu’inflige M. Poite, soumis aux mêmes consignes d’intransigeance que celles qui ont conduit M. Cardona à expulser Sergio Parisse plus tôt dans l’après-midi, à Perpignan, sanctionne dès la reprise le plaquage offensif de Malakai Fekitoa et laisse Toulon à quatorze (44e). Russel peut bien rater la cible au pied, l’ouvreur du XV du Chardon fait basculer avec un doublé en trois minutes le match (47e, 50e). Et le score avec (6-15).

Carbonel a du cran pour tenter et réussir, vent de face, cette pénalité des 40 mètres, qui ramène son équipe à un essai transformé. Webb, lui, moins de flair sur cette valise plein axe qu’il gâche en oubliant son demi de mêlée à l’intérieur pour tenter une passe hasardeuse qu’intercepte Imhoff pour l’essai assassin de l’ailier argentin (9-22, 61e). Que transforme Russel, l’homme du match autrement plus intégré à son nouveau collectif que le Gallois, et encore auteur d’une dernière pénalité pour sceller le score (9-25, 70e) d’une victoire bonifiée pour ce Racing 92 qui répond au succès à cinq points de son voisin et rival parisien à Perpignan. Mais surtout rappelle l'ouverture qui, il y a trois ans, avait lancé la voie d'une campagne conclue sur la conquête du Brennus à Barcelone.