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Arsenal : le temps des décisions

Battus samedi par West Brom (1-3), les Gunners d'Arsenal semblent avoir fait une croix sur le Top 4. Aujourd'hui, la position d'Arsène Wenger est précaire et les décisions à venir risquent d'être cruciales pour l'avenir du club.

Et une quatrième défaite en cinq matchs ! Solide huitième du championnat, West Bromwich Albion a donné une leçon de réalisme aux Gunners dans son antre de The Hawthorns après un scénario habituel pour les supporters d'Arsenal. Arsenal a le ballon (73 % de possession) mais encaisse deux buts sur corner et perd le match. Incapables de changer de rythme face à une équipe bien regroupée, les coéquipiers d'Alexis Sanchez ont vécu un éternel « déjà vu ».

Ce mauvais résultat, qui s'ajoute à la récente défaite face à Liverpool (3-1) et à l'humiliation subie face au Bayern (10-2 sur l'ensemble des deux matchs), fragilise encore plus la position d'Arsène Wenger. Ce dernier a d'ailleurs annoncé avoir « pris sa décision » qu'il annoncera « très bientôt ». Que le manager alsacien parte ou non, les décisions que les dirigeants d'Arsenal auront à prendre dans un futur proche seront primordiales pour l'avenir du club.

"Wenger out", une révolution à gérer

Supposons qu'Arsène Wenger décide de faire ses valises. Selon la presse britannique, l'entraîneur de la Juventus Massimiliano Allegri serait le favori pour sa succession. L'Italien, en route pour un troisième Scudetto en trois ans, semble emballé par le projet londonien et aurait déjà donné son accord.

Le départ de Wenger serait une révolution. Déjà car le manager français, arrivé en 1996, a façonné Arsenal. Alors qu'il était connu pour son football ennuyeux (le fameux Boring Arsenal), Arsène Wenger a transformé le club avec des idées nouvelles, un football basé sur les passes courtes, tourné vers l'offensive et incorporant un grand nombre de jeunes. S'il a connu de grands succès jusqu'en 2004, Arsenal n'a remporté que deux petites FA Cup depuis cette date. Un constat d'échec que Wenger ne peut nier. Vu cette disette, son départ semble logique. Mais les dirigeants d'Arsenal ont toujours été réticents à l'idée de se séparer du déjà légendaire alsacien... car Wenger prend soin des finances du club.

Avec le remboursement nécessaire de l'Emirates Stadium, Arsène Wenger et sa direction ont fait le choix de faire une croix sur les titres pendant une longue période afin de permettre au club d'effacer ses dettes et être dans une situation saine. Ce comportement a porté ses fruits car le stade des Gunners est déjà presque intégralement remboursé, alors que la date initiale de fin de remboursement était programmée pour 2026 !

Malgré des finances dans le vert et les recrutements de joueurs d'élite (Alexis Sanchez, Mesut Özil, Petr Cech), le club fait du surplace, et même régresse depuis quelques saisons. Abonné à la quatrième place et aux éliminations en huitièmes de finale de Ligue des Champions, le club du nord de Londres semble se contenter chaque saison de ces résultats. Des performances que les supporters ne supportent plus. Ils ont ainsi protesté en masse pour demander l'éviction d'Arsène Wenger. Si, pour tout ce qu'il a apporté au club, Arsène Wenger ne mérite pas de se faire virer, son départ en fin de saison semble inéluctable.

Cependant, comme l'a noté Marcel Desailly, « si Arsène Wenger part, c'est une trentaine de personnes de l'organisation du club qui partent avec lui. » Un changement énorme dans le club qui devra déjà restructurer son personnel avant de penser aux joueurs. Les joueurs justement. Beaucoup ont lié leur avenir au club avec celui du manager français. S'il venait à partir, un exode massif semble se profiler. Si le départ d'Alexis Sanchez semble déjà acté, Mesut Özil, Alex Oxlade-Chamberlain, Kieran Gibbs ou encore David Ospina se poseraient aussi comme des candidats ! Une vague qu'il faudra combler pour Arsenal, alors que le club a toujours du mal à attirer des top-players depuis quelques saisons.

Nous l'avons bien compris, le départ de Wenger tant souhaité par les supporters aurait des répercussions non-négligeables, que ce soit au niveau des finances, du personnel et des joueurs. Le successeur du manager alsacien aurait cependant tout le loisir de refaçonner le club afin de repartir sur des bases nouvelles. De plus, il pourrait piocher dans la grosse enveloppe transferts qu'Arsène Wenger aura laissé. Un changement réclamé depuis quelques saisons par des supporters visiblement excédés.

"Wenger in", une véritable possibilité ?

Si l'on parle beaucoup du départ d'Arsène Wenger, il ne faut pas oublier qu'une prolongation de deux ans lui a déjà été proposée par les dirigeants depuis janvier ! La balle est réellement dans le camp du manager français. S'il accepte de prolonger encore un peu plus l'aventure chez les Gunners, il n'y aurait pas de chamboulement dans l'organisation. De plus, les joueurs cités comme potentiels partants pourraient finalement décider de rester, à l'exception d'Alexis Sanchez. S'il venait à prolonger, Arsène Wenger devrait cependant procéder à une profonde remise en question.

D'abord sur le plan du jeu. Friand d'un football basé sur la possession et l'offensive, Arsenal est, depuis l'arrivée de l'alsacien, un des clubs les plus beaux à voir jouer de toute l'Europe. Mais depuis quelques années, Arsenal n'y arrive plus et Wenger n'y est pas étranger. Le Français n'a jamais essayé de se renouveler. Sir Alex Ferguson a connu énormément d'adjoints différents car il « voulait avoir des idées nouvelles. » Depuis son arrivée en 1996, Arsène Wenger n'a connu que 2 adjoints (Pat Rice et Steve Bould) ! Le football a évolué, pas Wenger.

Le football d'aujourd'hui est basé sur la rapidité des transmissions, la verticalité couplée à un pressing intense qui permet à l'équipe de défendre en avançant. Arsenal joue comme il y a dix ans. Les Gunners font tourner le ballon pendant de longues séquences de possession avant d'essayer de percer la défense adverse. De plus, à la perte du ballon, les joueurs de Wenger reculent pour se recroqueviller dans leur moitié de terrain. Une méthode de jeu qui a vu ses limites et plonge Arsenal dans sa pire crise depuis l'arrivée d'Arsène Wenger.

De plus, les choix de Wenger en matière de transferts n'ont pas été bons ces dernières saisons. L’escouade britannique sur laquelle le manager français a fondé beaucoup d'espoirs s'est révélée très décevante. Jack Wilshere a été abonné à l'infirmerie, tout comme Danny Welbeck. Kieran Gibbs ne s'est jamais imposé sur le flanc gauche de la défense. Theo Walcott n'a plus progressé depuis 2012, quand Alex Oxlade-Chamberlain lui n'a quasiment pas progressé depuis son arrivée à Arsenal, tout comme Callum Chambers. Enfin, Aaron Ramsey n'a fait qu'une saison pleine, enchaînant le bon et le médiocre. Des couacs auxquels il faut ajouter Mesut Özil (qui ne trouvera peut-être jamais son rythme en Premier League), Mohamed Elneny, Nacho Monreal, Gabriel Paulista ou encore Granit Xhaka (dont le seul fait d'armes est de s'être déjà fait exclure deux fois cette saison). Cela fait beaucoup. Peut-être trop.

Arsène Wenger ne semble pas non plus avoir accepté les changements financiers dans le football. Il veut ainsi payer les joueurs à leur valeur dans un football aux montants démesurés, surtout en Angleterre. C'est louable mais cela prive son club de titre depuis 10 ans. Et si les dirigeants s'en félicitent (leurs bénéfices ne font qu'augmenter saison après saison), les supporters eux sont mécontents. En dernier lieu, et il s'agit peut-être du point le plus important, les supporters : si Arsène Wenger décidait de prolonger, il serait contraint de vivre dans un contexte d'extrême tension en permanence. Les supporters l'attendraient au tournant à chaque mauvais résultat. Un environnement malsain dans lequel on voit mal une personne résister pendant encore 2 années.

Partira, partira pas ? L'avenir de Wenger est en suspens à Arsenal. Mais qu'il décide de rester ou non, les décisions qui seront prises par les dirigeants auront un impact à court et moyen terme pour le club... à bon ou à mauvais escient.

M. Masahoro
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