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La justice espagnole rattrape Cristiano Ronaldo

A la suite des Football Leaks, qui soupçonnent Cristiano Ronaldo de dissimuler 150 millions d'euros dans des paradis fiscaux, le fisc espagnol va transmettre le dossier du Portugais à la justice.

Cristiano Ronaldo bientôt sur le banc des accusés ? L’administration fiscale espagnole, qui étudie la possible fraude fiscale du Portugais révélée par les Football Leaks, serait en passe de transmettre le dossier à la justice du pays, rapporte El Confidencial vendredi. Le joueur du Real Madrid est soupçonné d’avoir dissimulé 150 millions d’euros, liés à des revenus de droits à l’image, dans les paradis fiscaux grâce à des montages offshore passant par la Suisse et les Iles vierges britanniques. Il rejoindrait la longue liste de joueurs déjà épinglés pour des faits proches (Xabi Alonso, Falcao, Messi, Eto'o, Coentrao, Di Maria ou encore Ricardo Carvalho).

Dès les premières révélations du consortium EIC, un regroupement de médias européens spécialisés dans l'investigation collaborative, dont Mediapart fait partie, le fisc espagnol a ouvert une enquête. Dans un courrier adressé au quotidien, l’un des porte-parole de l’agence qui représente le Portugais en Espagne admet des "écarts", sans les relier aux Football Leaks. "Il (Cristiano Ronaldo, ndlr) n’a jamais eu l’intention de frauder comme le démontre le fait que le ministère des Finances espagnol connaît tous les contrats mondiaux du joueur, qui ont été apportés de manière volontaire", a-t-il noté.

Toujours selon ce porte-parole, une différence d’appréciation existe avec le fisc espagnol. Le Madrilène a profité pendant plusieurs années de la loi Beckham. "Il était uniquement obligé de payer pour les revenus générés en Espagne et non ceux à l’échelle mondiale", a-t-il ajouté. Il s’appuie sur des "critères qui n’étaient pas bien définis". Le contrôle fiscal de Cristiano Ronaldo concerne les années 2011-2013. Les fraudes de l’année 2011, déclarées en 2012, sont prescrites le 30 juin prochain. Ronaldo ne souhaite pas de procès et recherche un "consensus".