Reuters

Pour l’Angleterre, c’est un terrible fiasco

Piteusement éliminée par l’Islande (2-1), la sélection des Three Lions a vécu une amère désillusion hier soir. Autopsie d’une déroute qui marquera à jamais l’histoire du football anglais.

L’Hart de tout gâcher

L’entame était pourtant parfaite. En menant dès la 5ème minute de jeu à la faveur d’un penalty de Wayne Rooney, l’Angleterre avait un pied en quarts de finale. Il n’en a rien été. Une défense apathique sur une longue touche islandaise remettait les Nordiques dans le match seulement une minute plus tard. La suite appartenait à la fébrilité de Joe Hart, incapable de garder le gant ferme sur un tir à ras de terre de Sigthorsson (18e). Déjà coupable d’une erreur au premier tour face à un coup franc de Gareth Bale, le portier de Manchester City a donc remis ça au pire moment contre l’Islande. C’est certain, Jack Butland (Stoke City) aura un boulevard à son retour de blessure pour concurrencer Joe Hart.

Des paris ratés

Harry Kane, Jack Wilshere, Raheem Sterling… C’est peu de dire que Roy Hodgson n’a pas été souverain dans ses choix. D’abord en maintenant une fois de plus sa confiance à Kane en pointe, alors qu’il disposait en Jamie Vardy d’un attaquant dans une forme éblouissante. Ensuite en emmenant dans son groupe des 23 un Wilshere emprunté et totalement à court de forme. Quand on sait qu’attendait sur le banc le capitaine de Liverpool Jordan Henderson, l’incompréhension est de mise.

Vient aussi à l’esprit le cas Sterling, dont la seule action positive de cet Euro aura été d’obtenir un penalty hier soir. Pour le reste, cela a été une myriade de ballons perdus et de  duels ratés pour l’ailier de Manchester City. Aligné à droite, Daniel Sturridge n’a lui aussi jamais pesé sur le jeu, la faute à un positionnement trop loin du but et de la surface de réparation.

Enfin, que dire de la rentrée extrêmement tardive de la pépite Marcus Rashford (86e), qui laissera forcément des regrets aux supporters aux vues de la détermination affichée sur chaque prise de balle par l’avant-centre des Red Devils. Les seules satisfactions pour le coach de 68 ans seront venues de ses latéraux, Danny Rose et Kyle Walker, jamais avares d’efforts dans leur couloir pour apporter le danger. Bien trop peu pour atteindre les quarts de finale.

Rooney, la fausse note

Repositionné dans l’entrejeu, le capitaine anglais n’a pas su guider sa jeune équipe, la deuxième plus jeune du tournoi (25,83). Influent en première période, son jeu s’est délité en même temps que ses troupes se heurtaient à l’étau défensif islandais. Son avenir en sélection ne semble pourtant pas remis en question. A 30 ans, le joueur de Manchester United a au moins deux ans à donner à son pays avant de peut-être raccrocher les crampons après la Coupe du Monde 2018. Mais son rôle doit changer.

Incapable d’assumer un statut de leader de sa formation, Rooney n’est clairement pas le capitaine qu’il faut pour l’Angleterre. Trop effacé, il n’a jamais insufflé l’esprit de révolte nécessaire quand le navire anglais tanguait. Reste à trouver des noms à même de porter cette responsabilité du brassard : pourquoi pas Gary Cahill ?


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