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L'Open d'Australie peut-il échapper à une nouvelle finale Sinner - Alcaraz ?
Le premier Grand Chelem de la saison débute dimanche à Melbourne, un nouvel épisode dans la saga Carlos Alcaraz face à Jannik Sinner qui a tenu le circuit ATP en haleine en 2025 ?
Voilà près de deux ans que personne n'a réussi à leur chiper le jouet qu'ils convoitaient. Quand Carlos Alcaraz et Jannik Sinner s'alignent sur un même tournoi, le dénouement s'est fait invariable : soit l'Espagnol triomphe, soit l'Italien l'emporte, souvent l'un face à l'autre d'ailleurs. Alors pour ce premier tournoi du Grand Chelem de la saison, l'Open d'Australie, qui d'autre peut prétendre être favori ? Le Majeur australien, qui débute ce dimanche, semble promis à l'un des deux leaders du classement ATP. Tant pis pour le suspense, pas pour le spectacle.
Entre ces deux-là est née une lutte aussi saine qu'acharnée. Depuis 2024, les deux joueurs ont remporté tous les titres du Grand Chelem, quatre chacun balle au centre.
Depuis le Masters 1000 de Madrid en avril de cette même année (remporté par le Norvégien Casper Ruud), aucune épreuve commune ne leur résiste. Et encore, Sinner n'avait pas été techniquement battu, il avait déclaré forfait avant son quart de finale. 2025 aura été l'avènement absolu des deux nouveaux patrons du circuit. Et tout porte à croire que nous n'en avons pas encore vu l'apogée. "Leur rivalité est géniale, ils jouent un super tennis avec cette finale de Roland-Garros qui était juste surréaliste" a salué jeudi un certain Roger Federer, présent en Australie. "Le tennis n'en avait pas forcément besoin mais c'était juste génial que ça arrive quand même."
Sinner, maître des lieux encore affamé
Jannik Sinner arrive en Australie en tant que double tenant du titre sur la Rod Laver Arena. Si l'Open d'Australie sera son tournoi de reprise, sa fin de saison passée en dit long sur sa dynamique, avec trois titres consécutifs : Vienne, Masters 1000 de Paris et le Masters de fin de saison. Un "tournoi des maîtres" dans lequel il n'a pas lâché un set. Le Transalpin était en finale des cinq derniers tournois du Grand Chelem disputés. Tout autre résultat en-deçà de ce rang ressemblerait à une énorme déconvenue.
Devenu un des tous meilleurs serveurs du monde la saison dernière - numéro un au pourcentage de points sur son premier service et son deuxième service, son pourcentage de jeux de service gagnés et son pourcentage de balles de break sauvées, rien que ça -, le joueur de 24 ans a annoncé la couleur pour 2026. "Nous avons beaucoup travaillé sur la transition vers le filet" a-t-il expliqué vendredi en conférence de presse d'avant-tournoi. "Nous avons changé plusieurs choses sur mon service, mais rien que des petits détails. Quand vous êtes au meilleur niveau, ce sont ces petits détails qui font la différence."
Ceux qui font basculer notamment les chocs avec Carlos Alcaraz, comme cette finale de Roland-Garros, alors qu'il avait trois balles de titre dans le quatrième set. "Ce n'est pas seulement pour un joueur en particulier" a-t-il toutefois contré. "Si vous ajoutez quelque chose dans votre jeu, le but est de devenir un meilleur tennisman. Ce n'est pas de battre un gars. C'est plutôt pour se sentir à l'aise dans toutes les situations."
La gestion de l'après-Ferrero, principal obstacle pour Alcaraz ?
Le Transalpin n'est pas le seul à avoir apporté quelques modifications à son jeu durant l'hiver. Alcaraz a fait sensation avec un service aux faux airs plus que troublants de celui de Novak Djokovic. "Je ne pensais pas faire le même service que Djokovic" a-t-il souri vendredi devant les médias. "Mais au final, même moi j'en vois les similarités. Je crois que tout le monde doit faire des changements, des petits détails. Le service est un aspect que je veux vraiment améliorer chaque année, lors de chaque tournoi."
L'hiver de l'Espagnol a pourtant été un peu perturbé. Carlos Alcaraz entame une petite révolution puisqu'il s'est séparé le 17 décembre dernier de Juan Carlos Ferrero, son entraîneur depuis 2018. "Alcaraz est suffisamment mature" a estimé l'ancien champion Mats Wilander sur Eurosport. "Il connaît assez le tennis donc je ne pense pas que cela va stopper son développement de ne plus être avec Juan Carlos. Mais je pense que cela va être un gros changement au quotidien." Ferrero a acquiescé dans un entretien donné à Marca, estimant son ancien protégé "capable de surmonter cela sur un plan tennistique et d'arriver en très bonne forme en Australie, en essayant de mettre cette situation de côté".
Le numéro un mondial aura comme coach dans son box le seul Samuel Lopez, l'ancien bras droit de Juan Carlos Ferrero, arrivé dans le staff début 2025. Carlos Alcaraz a plus d'une raison d'enfin briller en Australie. Melbourne est le seul tournoi du Grand Chelem qui manque à son palmarès déjà immense à 22 ans. Le Murcien ne s'est jamais montré particulièrement brillant en terres australes, n'atteignant encore jamais le dernier carré, battu en 2024 par Alexander Zverev, puis par Novak Djokovic, pourtant blessé, l'année passée. Face au Serbe, Alcaraz avait semblé bien timoré, probablement la dernière fois qu'il avait semblé ne pas jouer au moins les yeux dans les yeux avec un cador du circuit.
"Gagner les quatre tournois majeurs dans ma vie, il n'y a pas de plus grand objectif"
Cette défaite a semble-t-il servi de déclic à l'Espagnol, auteur par la suite de sa meilleure saison. Mais pour conserver le trône de l'ATP, Alcaraz serait bien inspiré d'aller loin dans cet Open d'Australie. Jannik Sinner y défendra les 2000 points de son sacre de 2025, tous ceux qu'il engrangera d'ici au Masters 1000 de Rome ne seront que du bonus à grappiller sur son rival suite à sa suspension de trois mois la saison dernière. Une période pendant laquelle Carlos Alcaraz mettra, lui, plus de 2300 points en jeu au classement ATP. Et ses 550 points d'avance avant Melbourne pourraient vite s'avérer bien maigres.
Et plus encore que la petite histoire honorifique de qui sera le premier, et quand, il y a la grande histoire. Celle qu'Alcaraz peut écrire en cas de sacre le 1er février prochain, puisqu'il deviendrait le huitième de l'histoire et surtout le plus jeune à signer le Grand Chelem en carrière, à 22 ans, 8 mois et 27 jours. "C'est mon principal objectif, pour être honnête" avait admis Alcaraz à New York l'an passé juste après la finale de l'US Open à propos de cette quête. "Réussir à gagner les quatre tournois majeurs dans ma vie, il n'y a pas de plus grand objectif." "J'ai fait une présaison vraiment bonne, juste pour être en bonne forme" a-t-il ajouté vendredi. "J'ai simplement faim de ce titre, de faire un bon résultat ici."
Alcaraz, Sinner, et les autres
Face à eux, la concurrence ne manque pas d'allure. Mais elle n'offre que des garanties limitées. Novak Djokovic court toujours après son 25e titre en Grand Chelem et reste un immense danger lors d'un Majeur. Mais le Serbe, qui pourrait affronter Jannik Sinner en demi-finale ; a préféré zapper son tournoi de rentrée à Adélaïde, laissant comme toujours ou presque planer un doute sur ses capacités physiques.
Triple finaliste à Melbourne, Daniil Medvedev semble plus en forme après avoir dominé le tournoi de Brisbane. "Je sais que quand je joue bien là-bas, il n’y a pas tant de joueurs qui peuvent me battre aisément, voire aucun" a-t-il clamé après son titre. Mais le Russe n'est que tête de série numéro 12 après sa saison 2025 décevante, conclue sans atteindre un seul troisième tour en Grand Chelem.
Alexander Zverev, troisième homme dans la hiérarchie de l'ATP et finaliste sortant de l'Open d'Australie, peut se targuer d'être le dernier joueur à avoir pris un set à Jannik Sinner, le 26 octobre dernier, en finale à Vienne (avant de s'incliner 3-6, 6-3, 7-5). Mais ses performances sinusoïdales - même sur dur - ne plaident pas en sa faveur. Zverev, qui compte moins de la moitié des points de Jannik Sinner, pourtant juste devant lui au classement, semble comme les autres sur une autre planète. Celle des humains face à deux extraterrestres des courts, prêts à conquérir de nouvelles sphères.








