Gwendoline Le Goff / Panoramic

Ligue des Champions : Barcelone, la fin d'une époque ?

L’ampleur du désastre subi par les Barcelonais, humiliés comme jamais mardi, au Parc (4-0), ouvre déjà de manière inévitable le débat de l’avenir de ce groupe, de sa star et de son coach.  

C’est un instantané, qui résume à lui seul, ou presque ce match pour l’histoire, où le PSG a pulvérisé le grand Barça (4-0). Ou quand Presnel Kimpembé, gamin de 21 ans et doublure de Thiago Silva, muselle à l’heure de jeu, avec un culot gros comme ça et l’autorité d’un vieux briscard pour son premier match de Ligue des champions, le génie d’un Leo Messi qui, soudain, porte beaucoup plus mal ses presque 30 ans…

Oui, le géant barcelonais a fait son âge mardi, au Parc, gazon béni pour une jeunesse parisienne triomphante. Et plus encore que la star argentine, c’est tout le milieu de terrain catalan, creuset de tous les plus grandes performances de ce Barça dominateur depuis une décennie, qui a semblé d’un coup démodé, presque périmé… Et il nous coute pour tout dire d’évoquer le cas d’un Andres Iniesta (32 ans), dépositaire attitré de ce jeu, auteur de tant de récitals, mais dont la contre-performance mardi signe surtout la fin d’une époque. Un naufrage auquel Sergio Busquets (28 ans) n’échappe pas. Et la relève, à l’image de l’insipide André Gomes, paraît trop loin du compte pour que le Barça fasse l’économie d’un profond remaniement de son effectif lors de la prochaine intersaison.       

L’échec de Luis Enrique

Reste à savoir si cette refonte de l’effectif barcelonais concernera encore son coach. L’échec qui se dessine dès le stade des huitièmes de finale (*) risque de constituer une tâche rédhibitoire dans le bilan d’une saison, qui ne reposait plus que sur la C1. Le point de retard que compte le Barça sur le rival madrilène, leader de la Liga, est un trompe-l’œil avec… deux matches en retard pour le Real. Et la seule Coupe du Roi ne contentera pas les ambitions du club blaugrana.

A l’heure de rendre des comptes, un Luis Enrique en fin de contrat, dont on est en droit de s’interroger s’il n’a pas été mardi lâché par "une équipe sans entraîneur", comme l’a qualifiée le quotidien Sport, risque de payer au prix fort son choix de ne pas titulariser Ivan Rakitic (au profit de Gomes), le seul joueur capable a priori de créer le danger dans un entrejeu sinistré et d’alimenter la fameuse MSN, sevrée de ballons mardi. Et avec son entêtement à maintenir une option tactique – Gomes sera remplacé à la 59e et Rakitic n’entrera en jeu qu’à la 73e après le but du 4-0 – qui aura conduit son équipe à la catastrophe.     

Et l’avenir de Messi…

L’ampleur du chantier qui va s’ouvrir à Barcelone, la quête d’un stratège de la trempe d’Iniesta, l’incertitude autour de l’identité d’un très probable futur entraîneur ou autant d’incertitudes qui, forcément, laissent envisager la question de la prolongation de Leo Messi sous un autre jour. La saison sans titre majeur qui se profile va inévitablement peser sur la réflexion de la « Pulga » auquel n’ont pu échapper les limites techniques et tactiques de son équipe face à Paris.

S’il n’ouvre pas grand la porte à un départ, ce naufrage ne peut qu’inciter a minima le quintuple Ballon d’Or à imposer plus que jamis ses exigences aux dirigeants catalans. Et pas seulement sur son traitement, mais aussi sur le recrutement et la nécessité de dénicher le nouveau Xavi, capable de le soulager dans la construction du jeu. Sans quoi…       
------------------------------------------
(*) Jamais aucune équipe dans l’histoire de la Coupe d’Europe n’est parvenue à se qualifier après une défaite 4-0 à l’aller. 

Résumé Vidéo : Paris atomise le Barça !