Brunel cherche encore la bonne formule

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Jacques Brunel a au moins une certitude. Celle de pouvoir à nouveau titulariser samedi, au Stade de France (21h05), pour l’ouverture de la tournée d’automne face à des Springboks que les Bleus n’ont plus battus depuis neuf ans, "le meilleur ouvreur français". Ou en tout cas considéré comme tel. Et ce n’est pas rien dans le contexte actuel, où remplir un stade pour soutenir ce XV de France tient lieu de la gageure. Le retour aux affaires de Camille Lopez (29 ans, 16 sélections), remis sur pied après un an et demi d’absence – victime d’une fracture du péroné et de la malléole gauche, avec rupture des ligaments en novembre dernier -, est une incontestable bonne nouvelle.

Le genre de nouvelle censée soulager des Tricolores qui, après trois défaites chez les Blacks cet été, n’ont plus que huit matches avant d’entrer dans la préparation du Mondial 2019 au Japon (20 septembre-2 novembre). Le temps est compté pour rebâtir un capital confiance minimum. Et un succès face à des Boks à la relance, qui débarquent à Paris fâchés par un succès « volé » à Twickenham, contre l’Angleterre (12-11), serait sans conteste la plus belle éclaircie depuis longtemps dans la sinistrose actuelle du rugby français. Face à la seule équipe qui a démontré sa capacité à rivaliser avec les doubles champions du monde néo-zélandais dans le dernier Rugby Championship.

Dupont sur le banc...

Mais la certitude Lopez ne fait pas une équipe type. A commencer par une charnière, où à défaut de Morgan Parra, forfait, pour recomposer le duo clermontois gagnant du leader du Top 14, Brunel a préféré au phénomène Antoine Dupont, préservé sur le banc dans un rôle d’ « impact player » après son retour de blessure, le Bordelais Baptiste Serin, récompensé de son "très bon début de saison".     

"On a préféré le scénario avec quelqu’un qui a accumulé un peu plus d’expérience (Serin) et un autre garçon capable d’entrer en cours de match et de débloquer des situations si besoin est (Dupont). (…) J’espère qu’ils auront trouvé une complicité, une complémentarité et une communication. On en a besoin pour qu’ils influencent le jeu. Camille (Lopez) a cette expérience."

"Fickou est bien, mais..."

La fameuse colonne vertébrale recherchée encore par Brunel et son staff passe surtout pour le reste par des retours et de nouveaux tests. Et des paris que le sélectionneur et ses adjoints espèrent aussi gagnants en bleu qu’ils le sont à Clermont depuis le début de la saison : le deuxième ligne Arthur Iturria (24 ans, 3 sél.), délocalisé au poste de n°6 aux dépens du Castrais Mathieu Babillot - "Il est enfin bien sur le plan physique, et peut amener beaucoup de qualité à ce poste, qui lui convient bien, notamment en termes de déplacement, de technicité et d'intelligence de jeu"- et le centre Damian Penaud (22 ans, 5 sél.), repositionné sur l’aile gauche, puisque l’association entre Mathieu Bastareaud et Geoffrey Doumayrou est maintenue. Et tant pis pour la logique de l’homme en forme, qui aurait commandé de titulariser un Gaël Fickou, meilleur marqueur d’essais avec Paris (7).     

"Fickou est physiquement bien, mais sur ce premier match, on a préféré conserver la complémentarité qu'ont eu des garçons comme Bastareaud ou Doumayrou au centre (7 fois titulaires et associés depuis novembre dernier), et à l'aile, Penaud enchaîne les bons matches (4 essais en Top 14), se justifie Brunel. Sans compter qu'on s'attend à beaucoup de pression au pied et je pense que Damian a un petit atout supplémentaire dans ce registre." Des tests donc et des retours avec les revenants Maxime Médard à l’arrière et en n°8 Louis Picamoles plus vu en sélection depuis la fameuse virée des fêtards d’Edimbourg. Soit les deux seuls rescapés de la dernière victoire française contre les Boks (*).   

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(*) A Toulouse, le 13 novembre 2009, les Bleus dominaient pour la dernière fois l’Afrique du Sud (20-13) grâce à un essai de Vincent Clerc. Depuis, 6 défaites ont suivi face aux Boks.