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Giteau, un dernier titre avant le départ ?

Invaincu dans son nouveau rôle d'entraîneur, l’Australien pourrait quitter Toulon sur un deuxième Brennus… Pour mieux y revenir dans l’esprit de Mourad Boudjellal. 

Matt Giteau (34 ans, 103 sélections) fait avec, contraint et forcé d’anticiper sa reconversion, bien que le « Golden Boy », son surnom depuis toujours, se considère toujours et encore en tant que joueur à part entière, malgré une série de blessures qui ont pourri sa dernière saison sous le maillot toulonnais. Difficile de peser sur le rendement du RCT quand on est comme le vice-champion du monde trahi par son physique et réduit à quatre malheureux matches depuis le début de la saison. 

L’espoir de réintégrer le groupe varois pour le barrage de Top 14 face à Castres ce samedi (17 hures) et de pouvoir fouler une dernière fois la pelouse de Félix-Mayol, où le public l’a fait roi depuis son arrivée sur les bords de la Rade en 2011 avec à la clé trois Coupes d’Europe (2013, 2014, 2015) et un Bouclier de Brennus (2014), s’est envolé… Une fissure du péroné qui cette fois devrait l’empêcher de renfiler la tunique rouge et noire. Et le limiter donc à cette fonction d’entraîneur des trois-quarts embrassée malgré lui, au côté de Richard Cockerill, depuis l’éviction de Mike Ford, suite à l’élimination en quarts de finale de la Champions Cup à Clermont (29-9) début avril.   

"Je n'aime pas faire l'entraîneur"

C’était écrit, diront certains tant Giteau, par sa science du jeu, son expérience et son aura, semble prédestiné pour tenir un tel rôle qu’il n’envisageait dès le début de la saison que sur le ton de la boutade à l’adresse de son président, qui a décidément de la suite dans les idées… "Je n'aime pas faire l'entraîneur, mais c'est comme ça, on est là !", lâchait l’ancien Wallaby, après son baptême du feu victorieux face au Stade Toulousain au Vélodrome (33-23).

Joueur, Giteau le reste fondamentalement puisqu’il prolongera sa carrière la saison prochaine au Japon sous les couleurs du club de Suntory. Mais d’ici là, c’est bien le jeune coach qui fait brillamment ses armes, toujours invaincu après quatre matches pour autant de victoires d’un collectif toulonnais à la forme ascendante et qui partira favori devant son public face aux Castrais. Pour espérer rejoindre le Vélodrome voisin, théâtre d’une éventuelle demi-finale face au leader de la saison régulière, La Rochelle. Deux matches pour un pari, celui de Mourad Boudjellal. "J’ai un deal avec Matt. Si cette année, on va en finale, dans deux ans, il sera entraîneur, donc il reviendra", avait ainsi lancé lors de cet énième remaniement de son staff. Pour peu qu’il trouve les mots et les schémas susceptibles de libérer ses joueurs, et en particulier un François Trinh-Duc, qui a la lourde tâche d’assumer sa succession à la conduite du jeu toulonnais lors de cette phase finale, alors Giteau pourrait lier, une fois encore bien malgré lui, son destin à Toulon.