Roland Garros - Thiem s'offre sa première finale

Reuters

Et soudain, le rêve de Marco Cecchinato s'est achevé. L'Italien, sensation de ce Roland-Garros, a été stoppé de façon brutale par Dominic Thiem, dans une demi-finale pas très loin d'être à sens unique (7-5, 7-6 [10], 6-1), en dépit du cœur et du talent montré par le 72e joueur mondial. Cecchinato a éliminé trois têtes de série pour se hisser dans le dernier carré, et non des moindres: Pablo Carreno-Busta (n°10), David Goffin (n°8) et Novak Djokovic (n°20). Huitième à l'ATP, Thiem évolue sans doute un cran au-dessus de ces trois-là, de la même manière que le Sicilien n'était pas du calibre des joueurs qui ont stoppé l'Autrichien aux portes de la finale ces deux dernières années, Novak Djokovic et Rafael Nadal, futurs vainqueurs du tournoi.

Dès les premiers échanges, un break suivi d'un jeu blanc, on a vite senti que Thiem avait un ascendant sur un adversaire qu'il n'avait jusqu'ici croisé que dans des divisions où l'Italien évoluait avant ce tournoi (un tournoi Future en 2013, en qualifications à Doha en 2014). Dominé en puissance pure par l'Autrichien, digne descendant de Thomas Muster (dernier Autrichien en finale de Grand Chelem, ici, en 1995), Cecchinato n'avait que sa science du jeu et des amorties à opposer. Après avoir perdu le premier set, il est parvenu à rivaliser dans la deuxième manche, où tout s'est joué finalement. Là où l'Italien avait fait la différence au tour précédent, au tie-break des deuxième et quatrième sets contre Djokovic, Cecchinato n'a pas réussi à concrétiser (12-10 au jeu décisif).

Cecchinato, tête haute

Thiem, pour la première fois favori d'une demi-finale de Grand Chelem, avait pourtant tout fait pour le relancer, en ratant cette volée de revers sur balle de set, après avoir déjà affiché une certaine nervosité dans le premier set (quand Cecchinato a débreaké pour revenir à 4-4). Mais l'élève de Gunter Bresnik, reconnaissable à son improbable bob en tribunes, a fini par sortir le grand jeu pour calmer les ardeurs du clan italien, très vocal, qui a réussi à entraîner une partie du public. On pense à ce point à 10-9 au tie-break où Thiem a sorti l'amortie de revers en fond de court, à la Cecchinato, pour écarter l'une des trois balles de un set partout que se procurera le Sicilien.

C'en était trop pour ce joueur qui n'avait encore jamais gagné de match dans un tournoi majeur avant cette quinzaine, et qui quittera le Chatrier une grosse vingtaine de minutes plus tard, les yeux rougis mais la tête haute, à l'issue d'un match où il aura été dominé (37 coups gagnants à 24, dont 9 à 0 en revers), bien qu'il serait sévère de juger qu'il est passé à côté de l’événement. Face à lui, Cecchinato avait celui qui est considéré depuis deux ans comme le deuxième meilleur joueur sur terre battue, surface où il est le seul à avoir fait tomber Rafael Nadal la saison passée et cette année encore. Là où on l'attendait, au moment où le pressentait, Thiem va disputer sa première finale de Grand Chelem, à 24 ans. Face au roi "Rafa", ou son possible tombeur Juan Martin del Potro, ce sera quoi qu'il arrive exceptionnel.