NBA : Ben Simmons, rookie superstar

Reuters

 

Meilleure Ligue de basketball du monde, la NBA n’a pas son pareil pour renouveler son réservoir de talent. La cuvée 2017 des rookies n’a pas dérogé à la règle. Mieux, elle a offert cette saison une longue liste de possibles futurs All-Stars : Donovan Mitchell, Jayson Tatum, Lauri Markkanen, Lonzo Ball ; le tout sans bénéficier de son numéro 1 de draft, Markelle Fultz, revenu de blessure dans les dernières encablures de la saison régulière.

Mais l’homme qui a suscité l’attention de tous n’a pas été drafté l’été dernier, mais celui d’avant. Absent durant l’ensemble de l’exercice 2016-2017, Ben Simmons a rongé son frein un an, avant de fouler avec bonheur et succès les parquets professionnels lors de cet exercice. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le numéro 25 de Philly a rattrapé avec brio le temps perdu !

Magic Simmons

Ailier de formation, le natif de Melbourne a pris place à la mène dès le début de saison. Un poste pourtant pas en adéquation avec les 2,08 m du bonhomme. Qu’importe. Le coach des 76ers, Brett Brown, tente le pari de placer son joyau à la création du jeu, et à temps plein. Un coup de poker réfléchi pendant de long mois dans les hautes sphères de la franchise, et ce même après la draft de Fultz, le meneur des Huskies de Washington.

Après 82 matchs, le bilan est sans appel : Ben Simmons est de la trempe des très grands. A coup de triples-double (12, record de Magic Johnson battu), l’Australien, grand fan de LeBron James, a allumé les compteurs sans discontinuer. Jugez plutôt : il est le troisième scoreur et le meilleur passeur, rebondeur, intercepteur parmi les rookies, ainsi que le quatrième contreur. "On m’a mis dans une situation où je dois me comporter comme l’un des leaders" assumait-il sans pression en conférence de presse après le succès sur Miami.

Son sens de la passe, sa puissance et sa vélocité sur le jeu de transition ont fait chavirer à peu près toutes les défenses adverses ces derniers mois. Une franche réussite bien aidée par le style développé par les 76ers, puisque l’équipe est quatrième au classement du « Pace », soit le nombre de possession d’une formation par match. Une volonté de pousser le ballon qui sied parfaitement à Simmons et cache le plus grand défaut du joueur, le shoot.

Aucun tir à 3-pts converti !

Dans une NBA moderne où le shoot à 3-pts est devenu l’option numéro un de chaque attaque ou presque, l’ancienne star de LSU se singularise grandement… puisqu’elle a bouclé sa première campagne en carrière sans marquer le moindre tir longue distance (0/11 sur l’ensemble de la saison) ! Une incroyable hérésie qui en dit long sur le monstrueux potentiel de Ben Simmons, fâché aussi avec son pourcentage aux lancers-francs (56%). Le plan de travail estival du meneur/ailier semble tout trouvé.

 

Impeccable dans la victoire de Philadelphie contre le Heat samedi (17 points, 9 rebonds, 14 passes), pour son premier match de postseason, le gaucher de 21 ans aura encore les rênes totales de l’équipe en l’absence de Joel Embiid, dont le retour est programmé pour le game 3 en Floride. D’ici là, Ben Simmons s’apprête à poursuivre son chantier. Avec ses 14 offrandes ce week-end, il est devenu le deuxième joueur avec le plus de passes décisives pour un premier match de Playoffs derrière Magic Johnson, encore lui (16). Du grand art ou l’art des grands, on vous laisse le choix des mots.