Pas de final en apothéose pour le biathlon français

Reuters

Le plan du relais masculin tricolore était clair ce vendredi, ainsi exposé par l’entraîneur Stéphane Bouthiaux: "Si ça bricole un peu sur les deux premiers relais, on compte sur Martin pour venir nous remettre dans la bagarre à la médaille. Si, comme on l'espère, ça fonctionne bien, on compte sur un Martin à 100% pour creuser l'écart et permettre au dernier relayeur d'évoluer dans des conditions favorables pour aller chercher de grosses médailles." Avec Simon Desthieux, le jeune Emilien Jacquelin préféré à Quentin Fillon-Maillet et Antonin Guigonnat pour épauler le triple champion olympique de ces Jeux de Pyeongchang, la stratégie pouvait se révéler payante, comme elle l’avait été dans le relais mixte trois jours plus tôt. Seulement cette fois, rien ne s’est passé comme prévu…

Premier de cordée dans des conditions rendues difficiles ce jour encore par le vent, Simon Desthieux a rapidement compromis les chances bleues, avec cinq fautes au tir debout synonymes de double tour de pénalité. Alors que les grandes nations s’envolent déjà, la France, reléguée en 15e position, accuse 1’48 de retard au passage du premier témoin. Un écart stabilisé par Emilien Jacquelin, 77e mondial et crédité lui d’une performance honorable à l’heure de toucher un Martin Fourcade lancé du 12e rang, avec un passif de 1’43. A cet instant de la course, un infime espoir de podium semble permis. Pas pour longtemps.

Contraint de prendre tous les risques sur le pas de tir alors qu’Eole souffle toujours plus fort, le fer de lance du biathlon tricolore se rate à son tour à la verticale, avec quatre fautes et une boucle de pénalité à la clef. La sanction de trop pour l’équipe de France, dès lors décrochée dans la lutte pour le podium (7e à 2’57). Antonin Guigonnat accrochera tout de même la cinquième place finale, à 3’26 d’une Suède intouchable ce jour, du haut de ses sept petites pioches sans pénalité aucune. Emil Svendsen ayant craqué sur son dernier tir après l’abattage impressionnant des frères Boe, la Norvège se contente de l’argent à 55 secondes, alors que l’Allemagne se pare de bronze, à 2’07. "Ça fait mal car on attendait beaucoup de ce relais, déplorait à chaud sur France TV Simon Desthieux, champion olympique du relais mixte 72 heures auparavant. La cinquième place, on s’en fiche... J’espère que je saurai garder le côté positif de ces Jeux…" L’amertume passée, il sera toujours toujours temps en effet de savourer la belle moisson du biathlon français à Pyeongchang: cinq médailles dont trois sacres.