Klopp, le guide que Liverpool attendait

Reuters

Englué à la neuvième place de Premier League à six points de la Ligue des Champions, Liverpool ne jouit pas encore de  l’effet Jürgen Klopp. Avec trois matchs nuls, un à l’extérieur à Tottenham (0-0) et deux à domicile contre le Rubin Kazan (1-1) et Southampton (1-1), l’ancien entraîneur du Borussia Dortmund va vivre son premier test grandeur nature samedi à Chelsea. Avant de défier des Blues aux creux de la vague, les Reds réceptionnent ce soir Bournemouth en huitièmes de finale de Capital One Cup. L’heure de la première victoire de Klopp en Angleterre ?

Une fracture avec le passé

"Je n’ai jamais vu un joueur de 18 ans qui joue trois matches entiers en six jours. Les jeunes joueurs sont notre avenir. Si on les traite comme des chevaux, alors nous obtiendrons des chevaux."

Jürgen Klopp

Depuis son départ du Borussia l’été dernier et sa signature à Anfield, Klopp n’a pas changé d’un iota : volubile avec la presse et agité sur son banc. Le coach de 48 ans n’a d’ailleurs pas tardé à pousser sa première gueulante outre-Manche en pointant du doigt la Fédération anglaise, coupable selon lui d’avoir participé à la blessure de Jordan Rossiter, international U19 des Reds. Sur le terrain, Klopp dégage toujours la même énergie et passion que du temps où il officiait en Allemagne.

Une attitude de leader qui tranche fortement avec les récents entraîneurs passés par la maison rouge. De Brendan Rodgers, limogé au début du mois, à Kenny Dalglish ou Roy Hodgson, aucun ne détenaient le charisme ni l’aura de Klopp. Le premier n’a jamais su prendre la mesure de son poste, quand le second, légende du club, et le troisième, actuel sélectionneur des Three Lions, n’ont pas réussi à marquer de leur empreinte le collectif.

Le druide Klopp et la « poussière magique »

Tout le contraire du natif de Stuttgart, dont l’influence est déjà visible. Le technicien a modifié le système tactique de Liverpool dès son arrivée, passant d’un 3-4-1-2 à un 4-3-2-1 plus efficace pour organiser le pressing et user d’une plus grande verticalité sur le terrain. Des préceptes de jeu appliqués avec succès à Dortmund et que Klopp compte aussi mettre en place dans le club de la Mersey. S’il ne peut pas s’appuyer sur un buteur du standing de Lewandowski ou d’ailier du talent de Götze ou Reus dans sa nouvelle formation, il dispose dans l’entrejeu avec Jordan Henderson et James Milner de parfaits pistons pour alimenter les joueurs offensifs.

Plus haut, Philippe Coutinho est un joueur capable de créer pour lui-même et pour les autres près de la surface de vérité. Seul Daniel Sturridge, toujours blessé, manque sur le terrain pour donner la pleine mesure de ce dispositif. En attendant de pouvoir compter sur l’attaquant anglais, Klopp bricole avec Divock Origi en pointe tout en devant aussi se passer de l'avant-centre belge Christian Benteke, incertain pour le déplacement à Stamford Bridge et forfait ce soir. Autant d’éléments qui ne permettent pas pour le moment au druide allemand de faire de ses Reds une irréductible équipe : « Nous ne devons pas saupoudrer de la poussière magique sur eux (ses joueurs) et dire : ‘maintenant tu peux jouer au football’. Ils savent comment jouer ». Mais après cinq matchs nuls consécutifs, une question se pose : les Reds savent-ils encore gagner ?