Coupe du Monde 2018 : L’Espagne s'est mise en danger toute seule

Reuters

Un coup de massue pour le moins inattendu ! L'Espagne a connu une sacrée mésaventure ces dernières heures en devant changer en urgence de sélectionneur. La faute à l'annonce surprise du Real Madrid qui a décidé d'officialiser l'arrivée de Julen Lopetegui à la place de Zinédine Zidane. Une décision motivée visiblement par un besoin de transparence de la part du technicien alors que les Madrilènes présents dans les 23 étaient déjà au courant de l'annonce. Mais la Fédération espagnole clame ne pas avoir été prévenue par l'ancien gardien de but. "Nous sommes obligés de nous séparer du sélectionneur", a annoncé Luis Rubiales, le président de la Fédé, lors d'une conférence de presse ce mercredi.

"On a été obligés de renvoyer Lopetegui" :


Et quelques minutes plus tard, c'est Fernando Hierro, préféré à Albert Celades, qui a été intronisé pour mener la Roja lors d'un Mondial qui démarre sous des auspices bien sombres... Pourtant, pour l'Espagne, cette Coupe du Monde russe était le temps de la revanche ! Ejectée dès le premier tour à la surprise générale en 2014 par les Pays-Bas et le Chili, l’Espagne a mis du temps à se remettre de cet échec. En 2016, en France, elle fait à peine mieux à l’Euro en tombant avec fracas dans le piège italien dès les huitièmes de finale (2-0). Pour la dernière apparition d’Andrés Iniesta avec la Seleccion, le moment est venu de corriger le tir. 

Avec un onze de départ construit comme toujours autour de l’axe Barça-Real, la Roja a su incorporer ces dernières années avec succès la nouvelle génération ibérique (Koke, Saul, Asensio, Vazquez, Thiago), peut-être aussi talentueuse que la précédente. Seulement contrariée par l’Italie à Turin (1-1), l’Espagne a pour le reste fait carton plein dans son groupe G des éliminatoires avec 28 points sur 30 possibles (9 victoires, 1 nul) dont une belle démonstration à Madrid en septembre dernier face à cette même Nazionale (3-0). Mais le match phare de la Seleccion a eu lieu quelques mois plus tard…

Le 27 mars, lors de la réception de l’Argentine de Lionel Messi au Wanda Metropolitano de l’Atlético, la Roja éparpille façon puzzle l’Albiceleste (6-1) avec un triplé d’Isco. Un véritable coup de massue pour les Argentins, et une manière de taper du poing sur la table pour la Roja qui affontera en phase de poules le Portugal en ouverture, puis l'Iran et le Maroc. Avec l’Allemagne, le Brésil et la France, l’Espagne, privée de Carvajal sur le début de compétition, fait office de favorite pour une place au stade Loujniki de Moscou le 15 juillet prochain. Et ce malgré ce changement de sélectionneur inopiné !

Gardiens : David de Gea (Manchester United, ENG), Kepa Arrizabalaga (Athletic, ESP), Pepe Reina (Naples, ITA)

Défenseurs : Dani Carvajal (Real Madrid, ESP), Alvaro Odriozola (Real Sociedad, ESP), Jordi Alba (FC Barcelone, ESP), Nacho Monreal (Arsenal, ANG), Nacho (Real Madrid, ESP), Cesar Azpilicueta (Chelsea, ANG), Gerard Piqué (FC Barcelone, ESP), Sergio Ramos (Real Madrid, ESP)

Milieux de terrain : Sergio Busquets (FC Barcelone,ESP), Andrés Iniesta (FC Barcelone, ESP), Thiago Alcantara (Bayern Munich, ALL), Koke (Atlético de Madrid, ESP), Saúl (Atlético de Madrid, ESP), Isco (Real Madrid, ESP), Marco Asensio (Real Madrid, ESP), David Silva (Manchester City, ANG)

Attaquants : Lucas Vazquez (Real Madrid, ESP), Rodrigo Moreno (Valence, ESP), Iago Aspas (Celta, ESP), Diego Costa (Atlético, ESP)

Supersub au Real Madrid avec son acolyte Lucas Vazquez, Marco Asensio devrait tenir le même rôle avec la Roja cet été. Et c’est tant mieux pour l’Espagne et Fernando Hierro, qui pourront compter sur cet esthète du couloir pour animer les secondes périodes ibériques. Révélé au grand jour cette saison (6 buts, 6 passes décisives en Liga), le virevoltant gaucher merengue de 22 ans est un véritable ailier de débordement à la technique épurée.

Capable d’avaler les espaces, il est surtout très à l’aise dans ses dribbles pour provoquer la défense et sa vision de jeu le rend apte à aussi évoluer dans l’axe. Derrière Isco ou Iniesta, il devrait être une vraie alternative pour son équipe, dans un style plus vif et percutant que ses deux aînés. Le genre de profils qui a sûrement manqué à l’Espagne ces dernières années dans les matchs à élimination directe.

hierro


Après deux contre-performances pour la Seleccion, la Fédération avait pris le pari de nommer Julen Lopetegui, ex-coach de Porto. Ancien entraîneur des Espoirs, le sélectionneur de 51 ans a su remodeler son groupe avec la nouvelle génération ibérique, avec laquelle il a remporté les Euro 2012 (-19 ans) et 2013 (-21 ans). Cette jeune garde incorporée, il a aussi effectué des choix forts, en écartant dès le début de son mandat la légende Iker Casillas pour ainsi placer dans les buts David de Gea (Manchester United).

Autre décision forte : celle de se passer du décevant Alvaro Morata (Chelsea) lors de ce Mondial, pour privilégier des hommes mieux rodés à la vie du groupe (Aspas, Rodrigo) ou relancer le tumultueux Diego Costa. Prolongé en mai jusqu’à l’Euro 2020 à la tête de la Roja, Lopetegui a pourtant, à la surprise générale, été démis de ses fonctions ! La faute à l'annonce du Real Madrid qui l'a intronisé quelques jours avant le début du Mondial comme futur coach en remplacement de Zinédine Zidane. 

Et c'est ainsi Fernando Hierro qui va profiter du (bon) travail effectué par Lopetegui depuis plusieurs mois. L'ancienne légende du Real Madrid n'aura pas la tâche facile pour tenter de faire briller à nouveau la Roja. Mais l'ancien milieu défensif, passé ensuite défenseur central, connaît bien le groupe puisqu'il était le directeur sportif de la sélection depuis 23 novembre 2017. Son expérience avec la Seleccion (89 apparitions entre 1989 et 2002), dont il était l'un des piliers, est aussi à prendre en considération.

 

Malgré ce changement surprise de sélectionneur, l’Espagne est sans contestation l’un des trois ou quatre favoris à cette Coupe du Monde 2018. Extrêmement complète tant dans son onze de départ que sur son banc, la Seleccion d’Andrés Iniesta, futur retraité, a des déceptions à effacer. Elles pourraient être définitivement oubliées à Moscou dans un mois.

La présentation du Portugal

La présentation du Maroc

La présentation de l'Iran

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