Mbappé et Griezmann les mieux placés pour le Ballon d’Or ?

Reuters

Elu meilleur joueur de la Coupe du monde, Luka Modric a sans doute vu ses rêves de Ballon d’Or s’envoler. Le maître à jouer croate compte certes une finale de Coupe du monde et une victoire en Ligue des champions à son crédit, mais les précédents ne lui autorisent que peu d’espoir. Jamais depuis 1982 et Paolo Rossi, le Ballon d’Or n’est revenu au meilleur joueur de la Coupe du monde. Il ne pouvait pas en être autrement en 1986 et 1994 puisque sud-américains, Diego Maradona et Romario, n’étaient pas concernés, mais Salvatore Squilacci (1990), Ronaldo (1998), Oliver Kahn (2002), ni Zinédine Zidane (2006), Diego Forlan (2010), Lionel Messi (2014) n’ont pas plus trouvé grâce aux yeux des votants du Ballon d’Or.

Et pas seulement parce que la Fifa a pris l’habitude de trouver le meilleur joueur de la Coupe du monde parmi les battus du Mondial. Depuis l’avènement de Lionel Messi et Cristiano Ronaldo, remporter la Coupe du monde n’est plus en effet une condition nécessaire. Qu’en sera-t-il à la fin de l’année ? Si l’Argentin apparaît cette fois hors course, le sacre du Real Madrid en Ligue des champions et ses quatre buts inscrits en Russie pourraient suffire au Portugais pour remporter un sixième Ballon d’Or. Les bookmakers anglais en ont d’ailleurs fait leur grand favori, avec une cote de 1,25 contre un, Luka Modric suivant avec une cote de 5 contre un et Kylian Mbappé de 11 contre un.

Les journalistes plus sensibles au palmarès

Le changement de formule instauré l’an dernier avec un vote réservé aux journalistes, les joueurs et sélectionneurs n’ayant plus voix au chapitre, devrait néanmoins servir les intérêts des prétendants français, sacrés champions du monde. En 2010, plus que Lionel Messi, c’est ainsi Wesley Sneijder, finaliste de la Coupe du monde et vainqueur de la Ligue des champions qui avait été consacré par les journalistes. Rebelote en 2013 avec cette fois Franck Ribéry, homme de base de la victoire du Bayern en Ligue des champions, plutôt que Cristiano Ronaldo. Le poids du palmarès semble bien plus peser dans le choix des journalistes.

Chacun auteur de quatre buts durant la compétition, dont un lors de la finale, Antoine Griezmann et Kylian Mbappé font des prétendants plus que valables. Le Madrilène a notamment livré son meilleur match en finale, comme Zinédine Zidane il y a 20 ans, et aurait même pu prétendre à un doublé sans l’intransigeance de la Fifa qui a préféré faire de Mario Mandzukic le premier joueur de l’histoire à inscrire un but contre-son-camp en finale. A ce sacre mondial s’ajoute en outre une victoire en Ligue Europa avec cette fois un doublé à la clé.

L’attaquant parisien n’a pas autant flambé avec le PSG, mais cette Coupe du monde en Russie lui a permis d’éclater à la face du monde et de créer un véritable émoi. Au point de sembler jouer dans la même cour qu’un certain Pelé. L’an passé, alors qu’il n’avait que quelques coups d’éclat en Ligue des champions à son crédit, il avait terminé à la 7e place. Les votants du Ballon d’Or ne semblent pas insensibles à son charme. Sans doute moins qu’à celui de Raphael Varane, certes dixième joueur de l’histoire à réaliser le doublé Ligue des champions-Coupe du monde mais simple défenseur. Ce qui semble rédhibitoire malgré le précédent Fabio Cannavaro en 2006.