Coupe Davis : Noah tente le pari Paire

Reuters

Paire, le pari anti-Nadal ?

A 29 ans, Benoît Paire (56e mondial) a donc été convoqué pour la première fois en équipe de France pour la demi-finale de Coupe Davis. Cela faisait plusieurs mois que l'Avignonnais clamait haut et fort qu'il avait envie d'avoir sa chance avec les Bleus, au cœur d'une saison, où aucun joueur tricolore ne réalise des miracles. Le voilà donc récompensé. "Benoît a un profil intéressant par rapport à nos adversaires, explique le capitaine Yannick Noah. On est à 9, 10 jours du match, on s’attend à jouer l’équipe-type, à savoir Nadal et Carreno Busta. Par rapport à cette configuration, Benoît, en tant que troisième joueur de simple, peut être utile. Il y a pas mal d'options. Il n'y a pas d'équipe-type qui sort naturellement (côté français, ndlr), donc ce sera en fonction de l'adversaire."

Difficile de ne pas penser au simple du vendredi contre Nadal, réservé au deuxième joueur français le mieux classé. Ce devrait être théoriquement Gasquet, mais le Majorquin est sa bête noire, alors que Paire, connu pour son grain de folie, a annoncé qu'il n'avait pas peur d'affronter le n°1 mondial, et qu'il se sentait même capable de le battre. Voilà sans doute pourquoi l'Avignonnais a été préféré à des joueurs mieux classés que lui (Mannarino, appelé comme remplaçant, Monfils, Simon et Chardy, alors que Tsonga est toujours blessé). En outre, Paire a fait la paix avec Pouille, alors que les deux hommes étaient brouillés depuis les Jeux de Rio, où Paire avait été exclu de la délégation tricolore. Son tempérament explosif n'effraie pas Noah. "C'est plutôt le gaucher espagnol qui m'inquiète", a lancé le capitaine.

 

 

Benneteau, le retour du jeune retraité

Julien Benneteau avait été clair : l'US Open serait son dernier tournoi, sauf si Noah avait besoin de lui en Coupe Davis. Après son élimination à Flushing Meadows, le Bressan pensait que sa carrière était terminée... et Noah avec. "Il m'a appelé après son dernier match, pour savoir s'il devait continuer à s'entraîner, explique le capitaine. Je lui ai dit qu'il pouvait se relaxer et aller boire un coup."

Mais entre temps, Pierre-Hugues Herbert s'est blessé (ischio-jambiers, 15 jours de repos), et la France avait besoin d'un pompier de service spécialiste du double. Benneteau devrait donc jouer le samedi en compagnie de Nicolas Mahut. "C'est un petit clin d’œil du destin", note Noah, qui avait laissé les deux hommes, très amis, en tribunes lors de la finale 2017. Écartés à la dernière minute au profit de la paire Herbert-Gasquet, Mahut et Benneteau, en larmes pendant les hymnes, en avaient beaucoup souffert. 

Pas favoris, c'est clair

Noah sait bien que ses hommes, malgré leur statut de tenants du titre et l'avantage du terrain (dur indoor, à Lille), sont loin de partir avec les faveurs des pronostics. "On va mettre tous les atouts de notre côté, on n’est pas favoris, mais on a une carte à jouer, explique le capitaine, qui va devoir réaliser l'exploit de sublimer une escouade qui n'a réalisé aucun résultat probant dans un grand tournoi cette saison (0 demi-finale de Masters 1000, 0 quart de finale en Grand Chelem). Pour la plupart, l'année a été difficile. Mais j'ai le sentiment que Lucas (Pouille) est en train de remonter la pente, il a fait des derniers matchs intéressants. Richard (Gasquet), ça dépend de son état physique. Les gars sont très motivés par ce match. C’est une bonne occasion pour retrouver de la confiance."

La tâche s'annonce tout de même ardue, même si battre deux fois le n°2 espagnol et remporter le double ne paraît pas utopique. "Le deuxième joueur espagnol est meilleur que nous, 12e mondial (Pablo Carreno Busta), rappelle Noah. Le double, il y a des joueurs qui jouent bien (Feliciano Lopez et Marcel Granollers). Il y a cinq matches à jouer. Sur le papier, Nadal, c'est très difficile. Il a perdu une fois, la première rencontre qu’il a joué (en 2004, contre Jiri Novak, ndlr). Depuis il n'a pas perdu un match (24-1 en simple, ndlr)". Et Noah ne s'attend pas à voir débarquer un n°1 mondial sur les rotules après l'US Open. "Quand on connaît ses qualités physiques, je ne compte pas énormément sur la fatigue de Nadal."