Ouganda

Coupe d'Afrique des Nations Total, Gabon 2017 : L’Ouganda, 39 ans après !

A J-14 du début de la Coupe d’Afrique des Nations, beIN SPORTS passe au crible les 16 nations participantes. Aujourd’hui, coup de projecteur sur l’Ouganda, de retour après 39 ans d’absence.

Population : 38,3 millions d'habitants
Sélectionneur : Milutin Sredojević
Surnom : Les Cranes
​Palmarès / Participations CAN : néant / 5

L'AVIS DE GERNOT ROHR (CONSULTANT CAN beIN SPORTS)

Le 16 mars 1978, l’Ouganda était bien loin de s’imaginer vivre une longue traversée du désert de 39 ans ! A cette époque, les « Cranes », surnoms des Ougandais, disputaient leur première finale de CAN face au Ghana. Une petite défaite 2-0 porteuse d’espoirs pour l’avenir. Sauf que la suite ne s’est pas passée comme prévu. L’Ouganda arrête de miser sur le football et se fait très rapidement dépasser par la concurrence. Durant 39 ans, le pays va le payer au prix fort en ratant toutes les éditions depuis 1978. La CAN 2017 marque donc la fin de l’hémorragie. Un retour au premier plan rendu possible grâce à une campagne de qualification réussie durant laquelle l’Ouganda a tenu tête au Burkina Faso.

Cette qualification vient récompenser les efforts consentis pour remettre le football ougandais sur de bons rails. Une équipe solide avec un noyau de joueurs qui se connaissent depuis plusieurs années. Une certaine stabilité enfin payante. L’excellent départ des « Cranes » dans les qualifications à la Coupe du Monde 2018 (nul au Ghana, victoire face au Congo) abonde en ce sens. C’est donc avec confiance et optimisme que les Ougandais débarquent au Gabon. Prudence néanmoins car la poule D s’annonce très compliquée avec l'Egypte (7 CAN), le Ghana (4 CAN) et le Mali. Que des poids lourds africains ! Se qualifier pour les quarts de finale semble utopique mais sait-on jamais ! D’autant plus que l’Ouganda connait déjà très bien ses adversaires, le Ghana et l’Egypte notamment, pour être dans le même groupe de qualifications pour le Mondial 2018.

En Afrique, la stabilité n’est pas monnaie courante. Les sélectionneurs ne durent que très rarement dans le temps. Milutin Sredojević, le sélectionneur ougandais, fait donc presque office d’exception car il officie depuis 2013. Il a ainsi pu mener comme il le souhaite sa politique sportive et bâtir un groupe depuis 2013. Une sacrée force qui permet aujourd’hui à l’Ouganda d’avoir des certitudes.

A l’instar du Zimbabwe ou de la Guinée-Equatoriale, l’Ouganda va souffrir en premier lieu de son inexpérience le moment venu. Aussi talentueux et motivés soient-ils, les « Cranes » vont croiser le fer avec des véritables mastodontes du football africain. Ce manque de repère pourrait bien être fatal pour les Ougandais.

Les entraîneurs des pays de l’Est apprécient entraîner en Afrique. Comme Milovan Rajevac ou encore Vahid Halilhodzic, Milutin Sredojević est de ceux-là. Arrivé à la barre en 2013, le boss des « Cranes » réalise jusque-là un travail de qualité. Respecté par un groupe qu’il aura pris le temps de façonner, Sredojević est un vrai amoureux du football africain. Il le dit lui-même, il est contaminé par le « virus du football africain ». Le coach serbe aime les pays exotiques, là où il est le plus à-même de découvrir des nouveaux talents. Sredojević entraîne en Afrique depuis 15 ans, passant notamment par l’Ouganda, l’Ethiopie, le Soudan, la Tanzanie ou encore l’Afrique du Sud. Une longévité récompensée d’une quinzaine de titres. Cette CAN est un rendez-vous très important pour Sredojević. Il espère ainsi briller aux yeux du monde pour lui aussi prendre son envol à 47 ans. 

Star et capitaine de la sélection ougandaise à seulement 19 ans ! Le destin de Farouk Miya s’annonce radieux. Le milieu offensif (ou attaquant) du Standard Liège est clairement le joueur à suivre des « Cranes ». Révélé avec le Vipers SC, Miya a vite tapé dans l’œil des recruteurs belges. Maître à jouer de la sélection, buteur dangereux, la star ougandaise totalise déjà une dizaine de buts en 24 sélections. Acheté un peu de moins de 400 000 € par le Standard, Miya espère bien profiter de cette CAN pour marquer les esprits et prendre son envol. A seulement 19 ans…

L’Ouganda n’est pas un cador africain, ni même un candidat déclaré au sacre. Ce qui est d’autant plus vrai au regard de son groupe ultra-compliqué. Prudence néanmoins car le Ghana, l’Egypte ou le Mali ne sont pas à l’abri d’une surprise. Les « Cranes » ne cessent d’évoluer et sur un match, ils peuvent très bien créer la surprise. Demandez donc au Ghana, tenu en échec à domicile lors de la première journée des qualifications pour le Mondial 2018. Une formation à surveiller de près.