US Open - Cornet : « On se laisse mener par le bout du nez »

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Alizé Cornet (30 ans) est en colère. Actuellement sur ses terres de la Côte d'Azur pour disputer le Challenge Elite FFT, organisé en trois étapes, la Niçoise sortie jeudi en quarts de finale à Nice par Fiona Ferro n'aura probablement pas d'autre choix que de faire le voyage à New York fin août, où aura lieu l'US Open, maintenu en dépit de la crise sanitaire. A ce jour, la joueuse française assure pourtant qu'elle n'a pas encore pris sa décision. Mais au-delà du choix qu'elle devra finir par faire, Cornet s'inquiète de voir cet US Open toujours se profiler en dépit du contexte, avec notamment une situation qui s'est de nouveau dégradée aux Etats-Unis.

Dans Le Parisien ce samedi, la 59eme mondiale déplore que l'argent et les impératifs économiques aient pris le dessus sur tout le reste, et en premier lieu la santé des joueurs. « Les mesures sur place vont être drastiques, limite trop, peste Cornet. Une démesure à l'américaine qui ne me rassure pas. Tout ça est hyper anxiogène. Cela donne l'image que c'est beaucoup trop tôt, mais qu'on le fait quand même parce que le business doit continuer », avoue la championne du monde avec les Bleues, sans cacher que pour le moment, elle ne se voit pas être de la partie à Flushing Meadows. « Pour être honnête, j'ai beaucoup de mal, surtout quand je vois comment ils souhaitent l'organiser (...) Quand prendrai-je ma décision ? J'attends, mais je ne sais pas ce que j'attends. Mon intérêt de joueuse serait d'y aller, mais est-ce mon intérêt d'être humain ? Je ne sais pas. »

Cornet : « On est vraiment bêtes... »


De la même façon, Cornet crie au scandale en voyant que les qualifications sont passées à la trappe, et ce peu importe les conséquences que cela puisse avoir sur les joueurs moins bien classés ou les plus jeunes. « C'est une honte qu'il n'y ait pas de qualifications, poursuit dans le quotidien la quart de finaliste de cette première étape du Challenge Elite FFT. Je ne sais même pas comment ils osent proposer ça ! On parle depuis des mois des joueurs qui galèrent le plus, et la première décision de l'US Open est de les pénaliser. Déjà que le tennis est inégalitaire... » Et le pire dans tout ça aux yeux de la Niçoise, c'est que les joueurs ne sont pas prioritaires dans les discussions, pour ne pas dire que leur avis compte à peine aux yeux des instances.

Pour Cornet, les principaux acteurs ne pourront de toute façon pas se faire entendre dès lors qu'ils ne seront pas tous au diapason. C'est dans ce sens qu'elle réclame comme beaucoup d'être représentée par une seule et même voix. « Je suis à fond pour que quelqu'un nous représente et que l'on arrête de partir dans tous les sens. Il y a trop d'intervenants (...) A l'arrivée, rien ne change et on se fait mener par le bout du nez. » L'US Open est le dernier exemple de cette cacophonie qui ne profite à personne, sinon aux dirigeants, estime l'ex-numéro 11 au classement WTA : « On aurait pu se mettre tous ensemble et dire : désolé, on ne vient pas à l'US (...) Ils n'allaient pas le jouer sans joueurs. C'est là qu'on est vraiment bêtes... » Le message est passé.