Wimbledon - Tsitsipas : "Kyrgios devait être une brute à l'école"

Reuters

"Il était frustré, mais le tennis est un sport de frustrations et quoi qu'il se passe sur le court, je l'aime", a assuré Kyrgios juste après avoir échangé une furtive poignée de main avec son adversaire battu 6-7 (2/7), 6-4, 6-3, 7-6 (9/7). Durant 3h17, les deux hommes se sont affrontés à balles réelles, sous les sifflets, les encouragements, les cris d'un public sorti de ses gonds. "C'était un match de dingue, dans une ambiance extraordinaire. Je suis super heureux d'être passé, c'était un match de dingue...", a commenté l'Australien de 27 ans. Si le match a été fou, Kyrgios n'y est pas pour rien. Il a tout fait pour faire dégoupiller son adversaire, rendre chèvre l'arbitre et hystériser le public. Jusqu'au point d'ébullition générale où, seul, il a retrouvé son sang froid pour prodiguer ses coups géniaux. "On se serait cru au cirque, a critiqué Tsitsipas en conférence de presse. C'est fatiguant ces discussions incessantes, ces sempiternelles plaintes".

Tsitsipas sanctionné


Pour parler, Kyrgios a parlé. "La quantité de merde que le tournoi va prendre à cause de toi après ma conférence de presse...", a-t-il invectivé l'arbitre Damien Dumousois. L'Australien a eu plusieurs longs échanges avec lui, puis avec le superviseur, parfois à la limite de la correction. "T'es débile ou quoi ? (...) Tu es une honte" a-t-il lancé plusieurs fois à M. Dumousois qui est resté stoïque mais lui a donné un avertissement pour propos déplacés. Et c'est Tsitsipas qui a été sanctionné. Le Grec a reçu un premier avertissement pour avoir frappé une balle dans le public entre deux points. Kyrgios a sauté sur l'occasion pour parlementer avec l'arbitre, réclamer la venue du superviseur, puis de "tous les superviseurs", afin d'obtenir la disqualification de son adversaire en rappelant aux officiels celle de Djokovic à l'US Open 2020 quand il avait par mégarde atteint une juge de ligne à la gorge.

 

Puis, sur un service à la cuillère de Kyrgios, Tsitsipas a craqué et frappé la balle directement en direction des tribunes. Second avertissement et point de pénalité pour le Grec. "Je visais le corps de mon adversaire, mais je l'ai manqué... de beaucoup", a affirmé Tsitsipas, que l'on croira ou pas tant la balle est effectivement partie loin de la cible. Il faut dire que Kyrgios avait déjà adressé un service à la cuillère, qui plus est entre les jambes, que Tsitsipas avait expédié en retour dans le filet.

"Il s'en sort toujours"

Excédé par le comportement de son adversaire, le N.5 mondial a visé plusieurs fois l'Australien sur des frappes lourdes (smash, coup droit haut tout près du filet alors que Kyrgios était à l'intérieur du court devant lui). Sans le toucher. "Je voulais qu'il s'arrête. Il faut que tout ça s'arrête", a expliqué Tsitsipas. "Il passe son temps à intimider les autres, voilà ce qu'il fait. Il martyrise ses adversaires. Il était probablement lui-même une brute à l'école. Je n'aime pas les brutes", a insisté Tsitsipas en conférence de presse.

 

"C'est lui qui m'a envoyé des balles dessus, c'est lui qui a lancé une balle sur un spectateur, c'est lui qui a jeté une balle hors du court. Moi, je n'ai rien fait... à part aller de temps en temps discuter avec l'arbitre", s'est défendu Kyrgios comme un garnement pris par la maîtresse d'école. "Je suis bon dans le vestiaire, j'ai beaucoup d'amis. Je suis même l'un des joueurs les plus appréciés. Lui, il n'est pas apprécié", a-t-il continué. "Chez moi, je joue au basket avec des gars qui sont des chiens. A Wimbledon, les gens sont doux. C'est doux de venir m'accuser de brutalités. Nous ne sommes pas faits du même métal. Moi, j'ai l'habitude de me mesurer à de vrais compétiteurs", a ajouté Kyrgios.

De l'Australien, Tsitsipas avait aussi dit: "Il a aussi des bons côtés. Mais... il y a aussi chez lui un côté démoniaque, qui, lorsqu'il s'exprime, peut vraiment blesser et faire beaucoup de mal aux gens qui l'entourent." Il a lui-même a tenté de faire intervenir l'arbitre en lui faisant remarquer sur un ton faussement diplomatique que Kyrgios mettait ses serviettes un peu partout: "De quelle couleur est mon panier (pour ranger les serviettes) ? Le monsieur, là-bas, en occupe la moitié." Mais, "il s'en sort toujours", a regretté Tsitsipas.


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