Ligue Europa : Qui es-tu le Rubin Kazan ?

Epsilon/Getty Images

Une ascension vertigineuse

Quand on évoque l’élite du championnat russe, ce sont invariablement les noms du Zénit et du CSKA Moscou qui reviennent sur le devant de la scène. Pourtant, le Rubin Kazan a récemment contesté l’hégémonie des deux tsars du pays. Mais au fait, c’est quoi le Rubin Kazan ? C’est un club fondé en 1958, qui a vécu dans un relatif anonymat jusqu’à son rachat en 1996 par Kamil Iskhakov, le maire de la ville de… Kazan, la capitale du Tatarstan, pour en faire la tête d’affiche de cette région reculée de Russie ainsi qu’une vitrine politique idéale pour l’homme de 66 ans. Une prise de pouvoir judicieuse puisque le club va connaitre en l’espèce de quinze ans une ascension fulgurante.

En 2001, l’équipe végète toujours en deuxième division. C’est le moment choisi par les dirigeants et Iskhakov pour nommer Kurban Berdyev à la tête du Rubin Kazan. Avec ce coach au CV assez anonyme (un titre de champion du Turkmenistan en 1999), le Rubin va devenir un nom prestigieux du football russe. Un an après son arrivée, l’équipe remporte le titre de D2 et accède à la première division, une grande première dans l’histoire de la formation de Kazan. S’en suit notamment une qualification pour la Coupe de l’UEFA, avant que le club ne soit racheté en 2006 par Alexandr Gusev, ancien membre du KGB, accessoirement vice-président de la fédération du Tatarstan et aujourd’hui à la tête d’un important groupe d’étude stratégique de développement.

Le Rubin a perdu de son éclat

Sous l’égide de leur nouveau président, les « Tatarstantsi » atteignent le graal en remportant le titre de champion en 2008, pour le cinquantième anniversaire du club, et enchaînent avec le doublé en 2009, tout ça au nez et à la barbe des grands noms que sont le CSKA Moscou, le Zénit Saint-Pétersbourg et le Spartak Moscou. Le Rubin Kazan est alors sur le toit de la Russie, et écrit aussi son histoire sur la scène européenne en faisant tomber de son trône le FC Barcelone au Camp Nou (1-2). Ce même Barça qui vient de réaliser un triplé historique Liga-Ligue des champions-Coupe du Roi sous les ordres de Pep Guardiola. Le Rubin est alors au firmament de sa notoriété sportive.

A cet instant, la formation russe, grâce à l’apport financier de Gusev, dispose de quelques joueurs de renoms dans son effectif : le milieu Sergueï Semak, bien connu des supporters du PSG, les Argentins Alejandro Dominguez et Cristian Ansaldi et l’Ukrainien Sergueï Rebrov arborent tous la tunique rouge de Kazan.

Sauf que les investissements toujours plus conséquents du Zénit, l’assise historique du CSKA et l’arrivée de nouveaux concurrents aux dents longues (Dynamo Moscou, FK Krasnodar) ont progressivement fait chuter le Rubin dans la hiérarchie. L’équipe emmenée par l’international russe Diniyar Bilyaletdinov reste néanmoins un nom respecté de son championnat, avec des apparitions régulières en Ligue Europa (dont un quart de finale en 2013) mais n’a plus connu les fastes de la Coupe aux grandes oreilles depuis 2011. Battu lors de la première journée par le FC Sion (2-1), l’ancien club de Yann M’Vila n’a plus perdu sur ses terres en compétitions européennes depuis 11 matchs. Et entend bien poursuivre cette impressionnante série ce soir à l’occasion de la réception de Bordeaux.

 


>