Van Nistelrooy, une première dans les étoiles

Proshots / Panoramic

L'ancien prolifique attaquant, 46 ans, aurait pu connaître une entrée en matière plus douce sur un banc de touche après avoir appris le métier de coach dans l'ombre ces huit dernières années, tantôt comme adjoint du sélectionneur de l'équipe des Pays-Bas, tantôt à la tête d'équipes de jeunes à Eindhoven. Mais le Néerlandais a parfaitement négocié son bizutage en décrochant un titre de prestige dès son premier match officiel dans le costume d'entraîneur en chef: la Supercoupe des Pays-Bas ravie à l'ennemi juré, l'Ajax, lors d'un succès spectaculaire (5-3) samedi dans l'antre hostile qu'est la Johan Cruijff Arena d'Amsterdam. "C'est un début de rêve, s'est réjoui l'ex-international Oranje (70 sélections, 35 buts). Je profite du moment mais sans aucune euphorie sachant qu'il faudra rapidement se concentrer sur le déplacement à Monaco".

Van Nistelrooy connaît trop bien le football pour se laisser gagner par un excès d'allégresse. Le tirage au sort du 3e tour préliminaire de la C1 a d'ailleurs calmé les ardeurs du côté du Philips Stadion, le nouveau mentor estimant que "l'AS Monaco est le pire adversaire possible à ce stade. Une formation qui peut miser sur des joueurs techniquement doués dont certains ont évolué dans le championnat néerlandais".

Elève de Ferguson, Capello et Van Gaal

En matière d'entraîneurs, Van Nistelrooy a été à bonne école. Peu de jeunes coaches actuels peuvent en effet se targuer d'avoir évolué comme joueur sous les ordres de monstres sacrés tels Guus Hiddink et Eric Gerets (au PSV), Alex Ferguson (à Manchester United), Fabio Capello (au Real Madrid) ou encore Louis van Gaal (en sélection). "Si les entraîneurs que j'ai connus étaient souvent de grands tacticiens, ils étaient surtout des personnalités enthousiastes. Et c'est cet enthousiasme que je vais tenter de transmettre à mes joueurs", expliquait "Van the Man" (son surnom à ManU) en juin dernier au site Voetbal International. Un enthousiasme qui transpire déjà dans le Brabant néerlandais au vu des trois victoires enregistrées fin juillet face au FC Eindhoven (D2, 5-0), au Betis Séville (2-1) et donc l'Ajax.

"Inscrire cinq buts à l'Ajax, c'est évidemment une sacrée performance", s'est réjoui Van Nistelrooy, adepte du 4-3-3, le schéma toujours aussi tendance au pays qui a vu naître le football total. Fabuleux attaquant, l'ex-meilleur buteur d'Eredivisie (la L1 néerlandaise), de Premier League et de Liga, sait toutefois que son palmarès de joueur ne constitue pas un talisman à l'aube de sa carrière de coach. "Je ne voulais pas me lancer tête baissée dans cette profession difficile. J'ai mis près de dix ans à m'y préparer et je pense aujourd'hui être prêt", racontait-il le 1er juillet au moment de sa nomination comme successeur de l'Allemand Roger Schmidt, parti au Benfica Lisbonne.

"Je suis fier: j'ai joué ici et je vais maintenant mener le PSV en tant qu'entraîneur principal. Mais je sais aussi que le plus dur commence et qu'avoir été un bon joueur ne suffit pas pour devenir un bon entraîneur", disait-il encore. Il pensait peut-être à un autre illustre grand attaquant néerlandais, Marco van Basten, dont la carrière d'entraîneur n'a pas atteint les sommets tutoyés durant sa carrière de joueur.


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