Quelle place pour PSG-Dortmund ?

Après trois échecs consécutifs, et particulièrement douloureux, en huitièmes de finale de la Ligue des champions, les Parisiens ont donc fini par franchir l’écueil et à retrouver des quarts déjà fréquentés en 1995, puis quatre fois d’affilée entre 2013 et 2016.

Un véritable soulagement pour tout un club, meurtri par ces désillusions successives. Notamment celle de l’an dernier face à Manchester United et, forcément, par la remontada historique subie contre le Barça deux saisons plus tôt. Mais où placer cette qualification face au Borussia Dortmund dans l’histoire européenne du club de la capitale ?

Battus 2-1 dans la Ruhr, les hommes de Thomas Tuchel n’avaient qu’un but à remonter face à l’ancien club du technicien allemand. Trois semaines plus tard, ils se sont imposés 2-0 dans un Parc des Princes à huis clos, en raison de l’épidémie de coronavirus, lors d’un match retour maîtrisé. Où ils ont fait la différence en première période, grâce à des réalisations de Neymar (28e) et Bernat dans le temps additionnel.

Mais cette qualification ne peut pas être considérée comme un véritable exploit. Car l’adversaire, malgré le renfort hivernal d’Haaland, double buteur à l’aller mais éteint par Kimpembe à Paris, reste, sur le papier, inférieur, et ne vise pas la victoire finale dans la prestigieuse compétition continentale.

Longtemps à la peine en Bundesliga, il ne compte pas non plus dans ses rangs les deux joueurs les plus chers de l’histoire du football. Et puis le résultat du match aller, et le scenario, sans suspense ou presque, du retour pourraient aussi laisser à penser qu’il est difficile de ranger cette qualification parmi les soirées européennes mythiques du Parc.

Marquinhos : "Du jamais vu"


Même si, dans l’histoire récente, ces matchs mémorables ont surtout fini par laisser des mauvais souvenirs au club de la capitale. Comme ce 3-1 contre Chelsea, avec le festival de Pastore sur le dernier but dans le temps additionnel, en quarts de finale aller de la Ligue des champions 2013-2014, qui a été suivi par une cruelle élimination au retour sur un coup de poignard de Demba Ba (2-0). Et bien évidemment, la démonstration face au Barça en huitièmes trois ans plus tard (4-0), avant l’humiliation du retour (1-6).

Ce PSG-Dortmund, pas non plus à ranger dans la catégorie des rencontres de folie, comme le fameux PSG-Real Madrid de 1993 (4-1), avec la tête de Kombouaré, ou le plus méconnu PSG-Twente de 2008 (4-0), en phase de groupes de la Ligue Europa, gardera toutefois une saveur particulière.

Outre le fait qu’il a permis aux Parisiens de briser leur série d’éliminations en huitièmes de finale, sans que l’on sache quand la compétition pourra aller à son terme, la communion entre les joueurs et leurs supporters, qui s’étaient massés devant le stade, restera à jamais gravé dans les mémoires. Comme le confiait le capitaine Marquinhos à RMC : "C'était du jamais vu. Je n'ai jamais vu des choses comme ça."