Ligue des Champions - PSG, le grand bond en arrière, Tuchel contesté

Panoramic

Il est loin le temps de l'immunité. Premier technicien à emmener le PSG en finale de la C1, Tuchel n'a guère profité du totem gagné à l'issue de cette épopée. Mauricio Pochettino a démontré à ses dépens la fragilité de ce statut: finaliste avec Tottenham en 2019, il avait été limogé cinq mois plus tard. Les piques en public entre le technicien et le directeur sportif Leonardo au sujet du mercato ont rappelé qu'en interne, l'Allemand ne faisait pas l'unanimité, et qu'une mauvaise série pourrait menacer son poste, alors que son contrat s'achève en juin prochain.

Or, après deux mois, il compte déjà deux gros échecs: le "Clasico", perdu le 13 septembre contre Marseille (1-0) pour la première fois en neuf ans, et Manchester United, pour la reprise en C1.  Si ses joueurs avaient montré un trop-plein d'agressivité contre l'OM (trois exclusions), face aux Anglais, ils ont fait tout l'inverse, en livrant une copie "sans intensité, sans contre-pressing, sans +spirit+", a reconnu Tuchel. Un match "assez nul et carrément raté (...) jusqu'à rendre la position de Thomas Tuchel rapidement inconfortable", écrit mercredi le quotidien Le Parisien.

Crise de collectif


Face aux Mancuniens, son principal fait d'armes tactique a été de passer du 4-3-3 au 4-2-3-1 à la mi-temps, ce qui a permis au PSG de réaliser une bonne entame de deuxième période et d'égaliser. En conférence de presse, Tuchel a justifié ce changement non par la nécessité, mais la contrainte liée à la blessure du milieu Idrissa Gueye. Derrière ce choix se posent les questions du schéma de jeu, et plus largement celle du collectif. "Cela fait deux ans qu'il est à la tête de l'équipe et quand ses individualités ne sont pas décisives, le jeu collectif est inexistant pour compenser", estime le journal sportif L'Equipe. Sa philosophie est claire: mettre Neymar, Kylian Mbappé et Angel Di Maria dans les meilleures conditions, et espérer un coup de génie de leur part. Or ces trois-là sont tous passés au travers mardi.

Pour sa défense, les absences de Marquinhos et Marco Verratti ont été criantes dans la construction de jeu. Les blessures, les suspensions, les cas de Covid-19 et le calendrier international chargé ont aussi fait que le PSG a très peu joué avec son équipe type depuis la rentrée. Tuchel n'a disposé qu'une seule fois de ses "Quatre fantastiques" au complet, à Reims (2-0) le 27 septembre. Pas le genre de match où ils sont attendus... "Avoir joué un +Final 8+ cet été nous a rendu la tâche plus difficile pour préparer l'équipe pour cette saison. Il faudra du temps pour arriver au meilleur niveau", explique aussi l'entraîneur mancunien Ole Gunnar Solskjaer, en lice en Ligue Europa en août.

Plus le droit à l'erreur


"Avec une saison comme ça, l'équipe nationale, le coronavirus, sans préparation et avec un programme comme ça, j'ai peur qu'on paie le prix en octobre, novembre, décembre, janvier", disait Tuchel début octobre. On y est. Pour l'année de son cinquantième anniversaire, le club a convoqué un autre souvenir, désagréable : celui de la défaite contre le CSKA Moscou (3-1) en 2004, avec un triplé de Sergueï Semak. C'était la dernière fois que le PSG avait perdu à domicile en phase de groupes de la C1. Les Parisiens ont grillé leur joker, et doivent vite se remobiliser au vu du calendrier qui les attend, avec deux déplacements en deux semaines, chez les Turcs de Basaksehir mercredi puis au RB Leipzig, pour un remake de la dernière demi-finale.

Une nouvelle défaite pourrait faire très mal pour la première place et même, la qualification. "Il va falloir relever la tête les prochains matches. Ça va s'enchaîner très vite", a lancé Presnel Kimpembe. "On va apprendre beaucoup. Dans ce groupe, tu ne peux pas faire beaucoup d'erreurs. Il faut aller gagner en Turquie", a résumé Ander Herrera. Sans quoi Thomas Tuchel risque sans doute très gros.
 

 Tuchel : "On fera notre autocritique en interne"