Ligue des Champions - Le « pire » Atlético face à la Juventus ?

Reuters

« Nous sommes en 2019 après Jésus-Christ. Tous les grand clubs sont occupés à produire du beau jeu... Tous ? Non ! Car un village peuplé d'irréductibles Matelassiers résiste encore et toujours à l'envahisseur… » Un brin exagéré mais c’est peut-être de cette manière que Diego Simeone introduira son autobiographie dans quelques années ! Dans quelques heures, l’Atlético Madrid va recevoir la Juventus Turin dans son Wanda Metropolitano pour l’un des 8èmes de finale aller les plus attendus de cette Ligue des Champions. Une affiche aux allures de demi-finales, voire de finale, avant l’heure mais le spectacle sera-t-il au rendez-vous ?

Dur de l’affirmer tant l’Atlético base son jeu sur la défense et semble se moquer du beau jeu, faisant ainsi la part belle à l’efficacité. Attention toutefois à ne pas minimiser le travail réalisé par "El Cholo" et son staff, véritable modèle qui trouve un public amateur du don de soi, de valeurs de solidarité, de sueur, de hargne et de succès arrachés grâce à des exploits individuels d’Antoine Griezmann ou d’un corner parfaitement dosé. 

Griezmann sort l'Atlético de l'impasse : 


Malgré un budget moins élevé que le FC Barcelone ou le Real Madrid, l’Atléti est toujours en course pour le titre en Liga, même si les 7 points de retard sur les Catalans seront très durs à combler. Et sans entrer dans une litanie de statistiques, le fait d’être la meilleure défense du championnat espagnol (17 buts encaissés en 24 journées pour 34 buts inscrits) suffit pour comprendre ce que vivent les supporters madrilènes chaque week-end.

Griezmann meilleur buteur, et de très loin...

A-t-on déjà vu un spectacle aussi pauvre du côté du voisin du Real. « Non, c’est comme ça maintenant depuis quelques saisons, répond Benjamin Da Silva, journaliste et spécialiste de la Liga pour beIN SPORTS. C’est une équipe dont la stratégie est basée sur la défense avant tout. Cette année, ça n’est pas le plus moche, c’est la suite logique de ce que Simeone met en place dans ce club. Ce qui serait surprenant, c’est de voir cette équipe jouer l’attaque ! »  

Le jeu en transition est toujours en vogue du côté des Colchoneros avec un Antoine Griezmann qui les porte plus que jamais. Rendez-vous compte : en Liga, le Français, joueur le plus utilisé avec Jan Oblak, a inscrit 12 buts et 7 passes décisives. Les deuxièmes meilleurs buteurs sont eux à 2 réalisations et le deuxième meilleur passeur, Thomas Partey, est à 3 offrandes. « Griezmann est quand même exceptionnel, souligne Benjamin Da Silva. Malgré ce type de jeu, il te marque toujours 25 buts par saison. »

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Mais le plus grand mystère pour l’acolyte d’Omar da Fonseca concerne deux de ses coéquipiers. « Pour moi, les exemples les plus concrets que je prends sont Koke et Saul. Des super footballeurs qui pourraient être deux des meilleurs footballeurs espagnols s’ils étaient dans un autre club. A l’Atlético, ils sont d’abord concentrés sur leur jeu défensif et doivent toucher 70% des ballons dans leur moitié de terrain. » 

Rien d’étonnant dans ce cas de voir l’Atlético être, selon whoscored.com, à 49% de possession en moyenne en championnat, un petit blasphème lorsque l’on regarde l’effectif des Matelassiers. « Quand on sort du match de l’Atlético, je me demande toujours : est-ce que les mecs ont pris du plaisir ? A voir les joueurs défendre, tacler, surtout les attaquants, s’interroge l’auteur de Benji Tiki-Taka. S’ils sont toujours là, c’est qu’ils doivent trouver leur compte. »

C’est le cas également des supporters qui ne se plaignent pas de certaines « purges » que leur infligent leurs protégés. La joie de voir enfin leur équipe rivaliser à nouveau avec le Real est à ce prix. Alors va-t-on assister à un nouveau match cadenassé face aux Bianconeri ? Benjamin Da Silva a sa petite idée : « J’espère me tromper mais, sur la double confrontation, j’annonce deux buts au total. Ça ne veut pas dire que ça va être nul mais cela risque d’être des matchs très fermés… »

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