Ligue des Champions : le Paris SG, vice-champion d'Europe qui s'assume enfin

PANORAMIC

Le coeur d'un vice-champion

Un adage bien connu des sportifs dit qu'il ne faut jamais sous-estimer le coeur d'un champion. La maxime pourrait s'appliquer au vice-champion d'Europe en titre, qui n'a jamais plié sous l'énorme pression. Contre Leipzig (1-0), sur le terrain de Manchester United (3-1) puis face au Basaksehir Istanbul (5-1), le PSG a remporté les trois "finales" qui le séparaient de la qualification, compromise après deux défaites lors de la phase aller. Moribonds il y a mois, les Parisiens ont ainsi terminé en tête de leur groupe.

"On a montré dans les matches importants qu'on était là", a savouré Marco Verratti, au micro de RMC Sport. Le "thriller" écrit cette saison ressemble un peu au scénario du quart de finale épique contre l'Atalanta (2-1) en août dernier, où le PSG s'était imposé alors qu'il était mené à l'entame du temps additionnel. Les accusations de racisme qui ont conduit au report au lendemain de la rencontre contre le Basaksehir ont laissé une impression similaire: celle d'un groupe uni dans les conditions les plus difficiles.

L'image des joueurs, un genou au sol et le poing levé mercredi avant la reprise, restera comme l'un des moments forts d'une année 2020 marquée par l'engagement des sportifs contre les discriminations. "Frères d'âme", titre le quotidien L'Equipe jeudi. "Un coup d'éclat fondateur, collectif et radical", décrit Libération, une photo de Kylian Mbappé en "une".

Les 22 joueurs et les arbitres un genou à terre :

L'axe "NMVN"

Dans le jeu, les différentes options utilisées par l'entraîneur Thomas Tuchel, contraint par les nombreuses blessures, n'ont pas dessiné un schéma type: 4-4-2, 4-4-3 ou 5-3-2, le PSG est un caméléon qui s'adapte aux aléas d'une saison hors norme perturbée par le Covid-19. Mais sa colonne vertébrale a émergé. Un cadre par ligne: Keylor Navas dans les cages, Marquinhos en défense, Verratti au milieu et Neymar en attaque. Les pépins récurrents des trois joueurs de champ ont coïncidé avec la méforme de l'équipe.

Ensemble, ils n'ont joué que cinq matches (sur 19), mais il y a eu une victoire au bout à chaque fois (sur un score total de 17-3). Ils ont tous brillé lors des trois "finales" de C1. "Ney" a marqué à chacune d'elles, avec un triplé pour conclure en beauté contre les Turcs. "Il se sent bien, il trouve le rythme", a constaté Tuchel. Le retour de Verratti a aussi fait beaucoup de bien. "Il est toujours très important pour nous, indispensable même", a expliqué Mbappé mercredi au micro de Téléfoot.

Marquinhos a, lui, marqué à Old Trafford le but qui a remis devant (à 2-1) une équipe qui passait un mauvais quart d'heure. Enfin, le portier costaricien a intégré cette saison le "conseil des cinq sages", qui se fait le porte-parole des joueurs auprès de l'entraîneur, comme l'a révélé Tuchel, preuve de son influence grandissante. Contre Istanbul, il a joué son 50e match parisien (pour 27 "clean sheets").

L'heure des illuminations ?

La bonne forme de ses cadres laisse envisager au PSG une fin d'année favorable, malgré un calendrier difficile. Avant Noël, il sera opposé à ses deux rivaux les plus dynamiques en Ligue 1, Lyon dimanche puis Lille le week-end suivant. Il y a aussi le tirage au sort des 8es de la Ligue des champions lundi, que Paris aborde comme tête de série. Le FC Barcelone constitue l'adversaire le plus prestigieux, mais les Catalans sont l'ombre d'eux-mêmes cette saison. L'Atlético Madrid, leader du Championnat d'Espagne, devient alors l'équipe la plus redoutable pour des Parisiens qui pourraient préférer les moins huppés Atalanta Bergame ou Mönchengladbach.

"Vous connaissez l'histoire du PSG, ce n'est pas facile de passer un huitième", a prévenu Tuchel. Mais Paris a encore deux mois pour se préparer pour cette compétition qui donne le tempo de sa saison. Dans la sérénité.


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