Ligue des Champions : Inter-Real, l'aspirant Inzaghi contre le monument Ancelotti

Reuters

"C'est certain qu'Ancelotti a plus d'expérience que moi". Le CV de Carlo Ancelotti (62 ans) a de quoi laisser rêveurs -- et inquiets -- les deux autres (jeunes) entraîneurs italiens du groupe D: Roberto De Zerbi (42 ans), arrivé au Shakhtar Donetsk, et Simone Inzaghi (45 ans), le premier à se mesurer au monument. "C'est un des entraîneurs les plus titrés de l'histoire, un très grand entraîneur avec qui j'ai pris plaisir à échanger quand il m'est arrivé de voir quelques entraînements de mon frère (Filippo Inzaghi, attaquant de l'AC Milan quand y travaillait Ancelotti, NDLR) ou quand on s'est rencontrés quand il était à Naples", souligne Simone Inzaghi.

"Il donne une belle organisation à ses équipes. On devra faire un match parfait", a ajouté celui dont l'expérience en C1 se résume aux huit matches disputés la saison dernière avec la Lazio Rome. Mais le jeune entraîneur a de l'ambition. Il en faut pour succéder à Antonio Conte, qui vient de ramener l'Inter au sommet en Italie.

Inzaghi : "Ancelotti est l'un des plus grands entraîneurs de l'histoire":

Sur les pas de Conte

Jusqu'ici, l'atterrissage se passe bien. Il a relancé l'équipe sur les bases de la saison dernière, malgré les départs des flèches Romelu Lukaku et Achraf Hakimi, vendus pour renflouer les caisses. Dans un système similaire à celui de Conte (avec Edin Dzeko chargé de faire oublier "Big Rom" dans un registre plus technique), il a engrangé sept points en trois matches de Serie A. Pour les débuts en C1, où l'Inter s'est cassée les dents en phase de poules ces trois dernières saisons, le soutien des tifosi nerazzurri ne sera pas de trop pour tenter de faire perdre son flegme légendaire à Carlo Ancelotti, qui a fait briller le club rival milanais pendant huit ans (2001-2009), avec notamment deux sacres en C1. 

Depuis son départ, Ancelotti est revenu cinq fois à San Siro affronter Milan ou l'Inter (avec Naples et Chelsea) mais n'y a jamais regagné. Revenir sur les lieux de ses plus grands succès n'est jamais l'assurance d'une nouvelle victoire: malgré son passé glorieux au Real (2013-15, avec une troisième victoire en C1 en 2014 lors d'une saison dorée), ce retour dans la "Maison blanche" n'est en effet pas simple non plus pour Ancelotti après les belles années Zinédine Zidane.  Ce qui a poussé les dirigeants madrilène à renouveler l'expérience, c'est la personnalité appréciée de l'entraîneur transalpin, celui qui fut le coach de la "Décima", la 10e Coupe d'Europe remportée par le club. 

Equilibres à reconstruire

Connu pour sa bonhomie, "Carletto" était parti en bons termes et place toujours l'humain au centre de sa méthode. Il parvient à créer un environnement serein et propice au travail. Un trait qui tranche avec la lettre de départ de Zinédine Zidane, où le technicien français déplorait les fuites et les critiques permanentes. Ancelotti a retrouvé des repères à Madrid mais repart d'une équipe largement modifiée, avec des équilibres à reconstruire: éclosion des jeunes Brésiliens Vinicius et Rodrygo, gestion du cas Eden Hazard (onéreuse recrue toujours en quête de son plein rendement), intégration de David Alaba et d'Eduardo Camavinga, et bouleversement défensif après les départs de Sergio Ramos et de Raphaël Varane...

Pas de quoi pour autant effrayer le natif d'Emilie-Romagne (un point commun avec Simone Inzaghi), passé par les plus grands clubs européens (Chelsea, Paris SG, Bayern Munich...). "Carlo Ancelotti n'est pas le même qu'il y a six ans", a affirmé "Carletto" lors de sa présentation, parlant de lui à la troisième personne. "J'ai les mêmes sensations que lors de ma première arrivée. Mais là, j'ai plus de certitudes, plus de confiance." Six ans après, le programme, lui, reste le même: être spectaculaire, marquer des buts (le Real en a déjà inscrit 13 en quatre matches de Liga) et, évidemment, gagner une autre Ligue des champions, pour devenir le premier entraîneur de l'histoire à en soulever quatre.


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