Ligue des Champions - A Istanbul, le Paris SG sous pression et sous tensions

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Au stade Fatih-Terim d'Istanbul, pas d'ultras chauffés à blanc: le match se dispute à huis clos à cause de la crise sanitaire et le quatrième club de la ville a de toute façon du mal à garnir son enceinte contrairement à ses glorieux voisins (Galatasaray, Fenerbahçe et Besiktas). Mais la rencontre disputée entre les Parisiens et un club réputé proche du président Recep Tayyip Erdogan intervient dans un climat tendu.

Le président turc a appelé lundi au boycott des produits français, accusant son homologue français Emmanuel Macron d'être hostile à l'islam, après que ce dernier eut défendu la liberté de caricaturer le prophète Mahomet lors d'un hommage national à Samuel Paty, un professeur décapité dans un attentat islamiste le 16 octobre pour avoir montré de telles représentations en classe. Un nouvel épisode de l'escalade actuelle des tensions entre la Turquie et la France, dont les relations s'étaient déjà dégradées en raison de désaccords liés à la Syrie, la Libye et la Méditerranée orientale, alors que l'ambassadeur français à Ankara a été rappelé samedi dernier pour consultations.

Doutes parisiens

Sportivement, le fossé est béant entre le Basaksehir, néophyte absolu en Ligue des champions, et le Paris SG, finaliste de la dernière édition. De quoi mettre la pression sur l'entraîneur parisien Thomas Tuchel et ses joueurs, pour qui l'échec à Istanbul est interdit. Les Parisiens restent en effet sur une entrée en matière manquée mardi dernier à domicile face à Manchester United (défaite 2-1), loin du visage qu'ils avaient montré en août pour se hisser en finale de la C1, vaincus seulement par l'intouchable Bayern Munich (1-0).

Tout autre résultat qu'un succès laisserait l'opportunité d'accentuer leur avance aux concurrents du groupe H, Manchester United et Leipzig, qui s'affrontent mercredi (21H00) en Angleterre. Malgré les larges succès en Ligue 1 face à Angers (6-1), Nîmes (4-0) et Dijon (4-0) samedi, leurs trois derniers adversaires, l'entame ratée des Parisiens en C1 a pu faire perdre un peu de son aura au coach allemand Thomas Tuchel. Lui qui avait publiquement échangé des reproches avec son directeur sportif Leonardo à la fin du marché des transferts voit ses choix tactiques scrutés à la loupe, ce qui a le don de l'agacer.

Face à Dijon, l'Allemand a interverti les postes du capitaine Marquinhos, habituellement défenseur central et passé sentinelle pour peser sur toute l'équipe, et de la recrue Danilo Pereira, milieu défensif de formation et reculé en défense centrale. Marquinhos "est le coeur et l'âme de l'équipe, c'est pourquoi il doit jouer au coeur du jeu", a justifié Tuchel après la victoire contre Dijon. Neymar est lui passé, avec un certain succès, meneur de jeu plutôt qu'attaquant, comme il l'avait déjà été face aux Red Devils. Des expérimentations ? Ou bien le signe que son milieu de terrain, décimé par les blessures (Marco Verratti, Leandro Paredes, Julian Draxler), n'est pas à la hauteur de ses ambitions ?

Mbappé en forme

Pour le Basaksehir, champion de Turquie qui a raté ses débuts dans la grande coupe d'Europe avec une défaite 2-0 à Leipzig, prendre au moins un point contre le PSG est une question d'honneur. Cette équipe d'un quartier périphérique récent d'Istanbul a connu une ascension fulgurante en quelques années, aidée par l'apport financier de ses propriétaires, des entreprises proches du pouvoir. Elle compte parmi ses rangs quelques anciens du Championnat de France comme Enzo Crivelli, passé par Bordeaux, Bastia, Angers et Caen, ou l'ex-Lyonnais Rafael.

En face, Thomas Tuchel pourra compter en attaque sur trois de ses "Quatre Fantastiques", seul Mauro Icardi, blessé, manquant à l'appel: Neymar, Angel Di Maria et Kylian Mbappé, propulsé meilleur buteur de Ligue 1 (6 réalisations) samedi avec son deuxième doublé consécutif... alors qu'il est entré à 20 minutes de la fin face à Dijon. Pour lui qui est particulièrement efficace contre les équipes plus modestes, le Basaksehir est une nouvelle occasion de se régaler.