🚨 Ligue des Champions - Bayern 8 - Barça 2 !

Reuters

Les grandes batailles entre le Bayern et les géants espagnols atteignent des sommets d’intensité, quand elles ne virent pas à l’humiliation. Lionel Messi et Jérôme Boateng sont bien placés pour le savoir… Ce fut encore le cas pour ce choc très attendu de ce Final 8, mais cette fois-ci, c’est l’Argentin qui s’est fait marcher dessus, broyé littéralement par le rouleau-compresseur d’une machine réglée comme du papier à musique. Et la pluie de buts de cette rencontre le hantera certainement jusqu’à la fin de sa carrière.

Un scénario fou

Articulé dans un 4-4-2 inédit à la place de son traditionnel 4-3-3, le Barça a tenté un coup, comme pour situer les degrés de confiance du moment. Pour ce club-là, s’adapter à l’adversaire est un premier signal. En face, le Bayern n’a pas changé d’un iota. Les premières minutes ont annoncé la couleur. Au terme d’une action limpide, Müller a profité d’une remise parfaite de Lewandowski pour débloquer la situation (0-1, 4e). Un premier coup sur la tête, avant le coup de pouce de David Alaba, qui a remis le Barça sur les bons rails contre son gré en trompant Neuer d’une reprise digne d’un vrai renard des surfaces (1-1, 7e).

Un Bayern effrayant


C’est à ce moment précis que le Barça a peut-être manqué le coche, si tant est qu’il ait eu la moindre chance de regarder cette équipe dans les yeux… Car juste après cette égalisation, Lionel Messi a touché du bois sur un centre-tir vicieux que personne n’a détourné (10e), avant de tenter une nouvelle fois sa chance sur un slalom dont il a le secret (20e). Mais le Bayern n’a pas tardé à reprendre ses esprits. Et le courant s’est arrêté dans les rangs barcelonais. Après une alerte de Lewandowski (13e), Perisic a trouvé la faille sur une frappe puissante du gauche que Ter Stegen n’est parvenu qu’à effleurer (1-2, 21e).

Plus que le regard vide de Lionel Messi, Marc-Andre ter Stegen pourrait être le symbole de ce naufrage. L’Allemand est une référence mondiale à son poste, c’est entendu. Mais il a illustré le manque de flexibilité d’un Barça perdu dans ses intentions, et coulé par sa propre identité. Inapte à s’adapter à la problématique du soir, le gardien allemand a multiplié les relances dangereuses. C’est une signature de cette équipe, mais les Blaugrana l’ont payé cher. Gnabry a exploité une merveille d’ouverture de l’imposant Goretzka pour ajouter un troisième but (1-3, 27e), avant que Lewandowski ne soit tout proche d’exploiter une sortie de balle trop risquée de Ter Stegen (29e). Deux minutes plus tard, c’est Müller, déchaîné, qui y est allé de son doublé en reprenant un centre précis de Kimmich (1-4, 31e).

Comme un air d’Allemagne-Brésil


Le Barça était au pied du mur. Il a beau être impliqué dans toutes les remontadas depuis que le terme existe, il était impensable d’imaginer un tel scénario dans ce match. Parce que ça n’en était pas un. Pour réussir l’impossible, cette équipe déstructurée aurait eu besoin d’un grand Messi, déjà. Mais le génie argentin a vite baissé les armes, agacé par les manques de son équipe dans tous les compartiments du jeu. L’entrée d’Antoine Griezmann n’y a pas changé grand chose, malheureusement pour le champion du monde, même si la réduction du score de Luis Suarez sur un bel enchaînement a redonné un peu de piment (2-4, 57e). Ce Bayern était trop fort.

La bande à Lewandowski a repris sa symphonie pour finir la rencontre comme l’a commencée. Agressive, âpre, verticale, puissante, cette équipe dégage une assurance effrayante. Sur un déboulé du supersonique Davies, Kimmich a enfoncé le clou d’une reprise à bout portant (2-5, 63e). On s’est alors dit que le temps serait long, très long, pour le Barça. Les vagues se sont multipliées, submergeant une défense aux abois et un milieu complètement dépassé.

Une humiliation historique


Dans tous les bons coups, Lewandowski méritait d’inscrire son petit but. Il y est parvenu d’une tête clinique en fin de match (2-6, 81e), avant que Philippe Coutinho, le paria du Camp Nou, ne prenne sa revanche pour clore le festival avec un doublé express en quelques minutes (2-7, 86e – 2-8, 88e). Ultime coup d’éclat d’une humiliation sans précédent. Barcelone n’avait jamais encaissé autant de buts sur un match sec dans son Histoire. Pour cela, au moins, et pour tout le reste, cette défaite laissera des traces. Elle marque la fin d’une ère. Le Bayern, de son côté, peut bomber le torse avant la suite.