Ceferin ne peut plus se cacher

Jusque-là, Aleksander Ceferin était toujours resté comme le discret successeur de Michel Platini à la tête de l'UEFA. Elu en 2016 et seul candidat à sa réélection en 2019, il s'était surtout exprimé ces derniers mois à propos des difficultés, selon lui, à organiser l'Euro 2020 dans autant de villes et de pays, contestant ainsi l'idée de son fameux prédécesseur français. Par la force des choses, la grave situation du moment lui donne malheureusement raison, plus que jamais. Mais ses prises de parole sont toujours restées relativement mesurées, sans faute de goût.

« Le problème vient surtout des différentes juridictions selon les pays, certains sont dans l'UE et d'autres non, exprimait-il aux journalistes début décembre. Je doute qu'on refasse ainsi à l'avenir. » Désormais, le sobre Slovène va forcément être placé sous les feux de la rampe. C'est lui qui, en tant que patron de l'instance européenne, assumera forcément les décisions à venir concernant la Ligue des Champions et l'Euro 2020.

Lors du congrès de l'UEFA, au début du mois, Ceferin se voulait encore « confiant » : « On s'en occupe, on pense pouvoir bien gérer le dossier. Essayons de ne pas songer au scénario du pire. » Depuis, on le sait, les choses ont évolué à une vitesse débordante. Le juriste de 52 ans (qui dirige le plus grand cabinet de son pays) réussit encore à éviter toute erreur de communication, et même de décision, puisque l'UEFA n'a fait que s'adapter sans jamais forcer aucune équipe à jouer coûte que coûte, par exemple - bien au contraire. Le septième président de l'histoire du football européen va laisser une trace, par la force des choses.