L’Italie peut-elle aller au bout ?

Un clin d’œil du destin ? Le 10 juin dernier, après une cérémonie d’ouverture notamment marquée par l’émouvante interprétation de « Nessun dorma » par le ténor Andrea Bocelli, l’Italie ouvrait l’Euro en dominant largement la Turquie au stade olympique de Rome (3-0). Et c’est dans cette même enceinte que, 53 ans et un jour plus tôt, elle a remporté le trophée continental pour la seule fois de son histoire face à la Yougoslavie (2-0), lors d’une finale à rejouer après le match nul initial entre les deux formations (1-1).

Depuis, la Nazionale a disputé deux finales, perdues, face aux Bleus en 2000 et contre l’Espagne en 2012. Aujourd’hui, elle rêve de nouveau à un deuxième sacre, après avoir acquis sa qualification dès le deuxième match grâce à sa nouvelle et convaincante victoire face aux Suisses (3-0). Même si, contrairement à 1968, elle ne disputera pas la deuxième phase de la compétition à domicile, puisqu’elle ne jouera quoi qu’il arrive plus dans la ville éternelle, même si Rome accueillera un quart de finale lors de cet Euro à onze villes hôtes censé se terminer à Wembley.

Mancini ne s'enflamme pas


Et peu importe si se dressent sur leur route des grands favoris au titre comme la Belgique, potentiel adversaire en quarts, ou les Bleus, que les Transalpins pourraient retrouver dans le dernier carré. "Si vous voulez aller loin, vous devez jouer contre des pays comme ceux-là et c’est ce que nous voulons faire. Nous voulons voir à quel niveau nous sommes vraiment aujourd’hui, a déclaré Federico Chiesa en conférence de presse. Le grand rêve de cette équipe est de remporter le titre." Une équipe qui a perdu Giorgio Chiellini, victime d’une contracture aux ischio-jambiers face aux Helvètes. Mais l’expérimenté défenseur turinois devrait être de retour pour les huitièmes.

D’ici là, Marco Verratti, de retour d’une blessure au genou droit, aura peut-être retrouvé sa place dans l’entrejeu. Ce qui est loin d’être acquis, tant le milieu Jorginho-Locatelli-Barella s’est imposé lors des deux premiers matchs. Manuel Locatelli a d’ailleurs signé un doublé mercredi, alors que Ciro Immobile a lui inscrit son deuxième but en autant de matchs. Mais même si les Azzurri sont invaincus depuis septembre 2018, restent sur 10 victoires consécutives et 965 minutes sans prendre de but, le sélectionneur Roberto Mancini, maître d’œuvre de ce renouveau, ne s’enflamme pas, rappelant que la France, le Portugal et la Belgique "sont encore loin devant". On pourrait vite le savoir…

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