Euro 2020 : Pourquoi les joueurs turcs s'exilent ?

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Treize des vingt-trois joueurs sélectionnés par Senol Günes évoluent en dehors des frontières turques ! Aujourd’hui, les footballeurs turcs appelés avec leur équipe nationale sont éparpillés aux quatre coins de l’Europe. Si l’Allemagne a toujours été une terre d’accueil privilégiée, les Turcs n’hésitent plus à s’exiler vers l’Angleterre, l’Italie ou encore la France. L'Hexagone n'était pas une évidence les années précédentes. La donne semble changer. Et les observateurs des clubs français ont désormais un œil sur la Super Lig. Dans la dernière liste, on compte trois joueur turcs évoluant en Ligue 1 / Ligue 2 : Zeki Celik, Yusuf Yazici (Lille) et Umut Meras (Le Havre).

Après avoir connu sa meilleure période au début des années 2000, le football turc tente de se reconstruire. Sa plus belle année : 2002, lors de la Coupe du Monde en Corée du Sud et au Japon. Les stars de l’équipe étaient alors Hakan Şükür (Parme), Ümit Davala (AC Milan), Emre Belözoglu (Inter Milan), Nihat Kahveci (Real Sociedad) ou encore Yildiray Baştürk (Bayer Leverkusen). À la clé, une demi-finale de Coupe du Monde pour cette génération dorée. Leur plus grand exploit, avec la victoire de Galatasaray, en Coupe UEFA (2000).

Les joueurs actuels de la sélection suivent le chemin de leurs aînés. Ils sont encouragés par un sélectionneur qui met de plus en plus l'accent sur les expatriés. Et la « formule Günes » semble fonctionner avec cinq victoires, dont celle face à la France (2-0), à Konya le 8 juin dernier et une défaite en Islande trois jours plus tard. Pour que tout cela fonctionne, il s’appuie sur quelques leaders d’attaque comme Hakan Calhanoglu (44 sélections et 10 buts) ou encore Cenk Tosun (41 sélections et 16 buts), qui évoluent respectivement à l’AC Milan et à Everton.

La SuperLig favorise l’arrivée des joueurs étrangers

Et si les règles de la fédération turque incitaient les joueurs à partir ? Depuis quelques saisons maintenant, l’autorité qui gère le football turc autorise jusqu’à 14 joueurs étrangers par équipe. A cela, il convient d'ajouter un salaire attractif et un avantage fiscal pour ces footballeurs venus du monde entier. Du coup, les clubs de la SuperLig, et surtout les grosses écuries comme Fenerbahce, Besiktas et surtout Galatasaray, font appel à énormément de joueurs étrangers.

Le club Cimbom (surnom donné au club de Galatasaray) va même dans l’extrême. Aucun joueur turc n’a été aligné d’entrée lors des trois dernières rencontres toutes compétitions confondues, dont celle face au Paris Saint-Germain, en Ligue des Champions. De ce fait, les meilleurs joueurs turcs n’optent plus pour les meilleures écuries du championnat local (Besiktas, Fenerbahce et Galatasaray), préférant tenter leur chance en dehors des frontières. 

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Et pourtant, la fédé turque a tenté de réduire le quota de joueurs de nationalité étrangère. Un retour en arrière qui n'a pas été validé par les instances décisionnaires. La presse turque évoque même des pressions de présidents de grands clubs. La venue de joueurs étrangers, même en fin de carrière, est un plus pour le marketing et le développement du football turc à l’étranger.

Günes envoie un message aux supporters : "Le football, c’est la paix"