Euro 2020 : L'Italie, première tête d'affiche des 8èmes !

Reuters

Le premier des huitièmes de finale opposera à Amsterdam (18h00) le surprenant pays de Galles aux Danois au gros coeur, rescapés à l'énergie de leur groupe après le violent choc du premier match, la sortie de leur coéquipier Christian Eriksen victime d'une défaillance cardiaque en pleine partie contre la Finlande. Les deux plus grosses affiches sont programmées dimanche et mardi, avec un Belgique-Portugal de gala (21h00) et un Angleterre-Allemagne à Wembley à réveiller les fantômes d'un siècle de football (18h00).

Des revenants? Les Italiens en sont assurément aussi, mais bien vivants. Absents du Mondial-2018, ils ont digéré l'humiliation historique, et le groupe du coach Roberto Mancini a montré de l'ambition pour son grand retour. Sans superstar -- même si Marco Verratti, Ciro Immobile ou Lorenzo Insigne sont des joueurs de premier plan --, mais avec rigueur et solidarité, les Azzurri ont hérité de leurs prédécesseurs le gène de la défense de fer. Ils y ajoutent une vivacité offensive réjouissante: sept buts marqués, aucun encaissé pour trois victoires contre la Turquie (3-0), la Suisse (3-0) et le pays de Galles (1-0) en poule. 

Les Italiens sans tifosi


L'équipe reste sur onze matches sans prendre de buts et Mancini a égalé un record d'invincibilité remontant à plus de 80 ans, avec 30 matches consécutifs sans défaite. "Pour le moment, les Italiens ont été l'équipe la plus impressionnante dans ce tournoi", estime le sélectionneur de l'Autriche Franco Foda, "mais même si on n'a que 10% de chances, avec 10% on peut encore passer". Les Italiens, qui ont joué leurs trois premiers matches à Rome, seront cette fois privés de leurs tifosi. Les voyageurs en provenance d'Italie sont soumis à une quarantaine de dix jours à leur entrée au Royaume-Uni, et il n'est pour l'instant pas question de faire d'exception pour l'Euro. 

Malgré tout, le chef du gouvernement italien Mario Draghi n'apprécie guère que son équipe joue à Londres, alors que la Grande-Bretagne est victime d'une recrudescence du Covid-19 en raison du variant Delta. Il a annoncé vouloir "s'employer à ce que la finale du Championnat d'Europe ne se déroule pas dans un pays où les contagions sont en train de croître rapidement". Londres doit encore en effet accueillir cinq autres matches, dont deux demi-finales et la finale. Mais l'UEFA est seule décisionnaire, et s'en tient pour l'instant à son projet initial.

Invité surprise


L'autre match samedi se disputera à Amsterdam entre deux outsiders. Le Danemark n'oublie pas qu'il a gagné l'Euro en 1992, par effraction certes (il n'était pas qualifié et a remplacé au pied levé la Yougoslavie, frappée de sanctions internationales), mais de manière amplement méritée. Il rêve depuis à chaque édition de rééditer l'exploit. L'épisode de l'arrêt cardiaque d'Eriksen - sauvé par les premiers secours sur le terrain - a ému toute l'Europe et fini par transcender les Danois: "Nous ressentons une grande force. On a vécu trois matches avec autant d'émotions que dans toute une vie", assure le sélectionneur Kasper Hjulmand: "On a connu quelque chose de dramatique et on a joué l'un de nos meilleurs matches quelques jours plus tard pour battre la Russie (4-1). C'est une force mentale et physique." Les Gallois de Gareth Bale seront là pour leur barrer la route. Demi-finaliste de l'Euro-2016 en France, le pays de Galles est encore une fois l'invité le plus inattendu de ces huitièmes. S'il continue sa route, il faudra cesser de parler "d'équipe surprise".

Top buts :  Schick roi de la phase de groupes !


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