Euro 2020 : L'Allemagne et Löw menacés par un nouveau désastre

Reuters

"Déjà sous pression !". Comme le Spiegel, la presse nationale s'inquiète, au lendemain de la défaite 1-0 contre les champions du monde français. Dans le "groupe de la mort", ce résultat oblige quasiment la Mannschaft à un sans faute contre le tenant du titre portugais samedi, puis contre la Hongrie le 23 juin, si elle veut continuer sereinement son chemin dans cet Euro.

En 2018 en Russie, l'Allemagne avait sombré par manque d'âme, de collectif et d'envie. Contre les Bleus mardi soir, les hommes du sélectionneur Joachim Löw ont au contraire démontré qu'ils étaient une véritable équipe. Mais les Français étaient simplement supérieurs.  "Nous avons tout donné et livré un beau combat. Mais nous avons une marge de progression dans le jeu, nous le savons bien sûr", a déclaré après le match le malheureux Mats Hummels, auteur contre son camp du seul but de la partie. "Mais on a pu voir que nous sommes prêts à nous déchirer dans ce tournoi", ajoute le défenseur de Dortmund, qui résume somme toute assez bien l'opinion générale: l'Allemagne a montré son meilleur visage, mais c'était insuffisant face à une formation  tricolore infiniment mieux rodée...

Euro 2020 : Le gros coup des Bleus à Munich !

 

Löw satisfait de l'état d'esprit

"L'équipe de Didier Deschamps a montré à Joachim Löw ce qu'il manque à l'Allemagne pour être une équipe de très haut niveau", commente cruellement mercredi la Süddeutsche Zeitung. Et le grand quotidien de Munich se demande si les coéquipiers de Manuel Neuer sont bien lucides: "Au vu de ce match qui aurait pu se terminer par 3-0, qui plus est à domicile à Munich, peut-on parler d'un bonne performance, comme Joshua Kimmich ("Je dirais que nous n'avons pas été la plus mauvaise équipe") ou Toni Kroos ("A mes yeux nous avons fait un bon match")?", interroge le journal.

Löw : "La France est championne du Monde..."

 

Löw lui-même était satisfait de l'état d'esprit et de l'attitude de ses joueurs, mais reconnaît une faiblesse: "L'équipe a montré du mordant, gagné beaucoup de duels. Le seul manque: nous n'avons pas marqué de but et nous n'avons pas été assez percutants. Il faut travailler ça. Mais en terme d'engagement, je vois les choses positivement pour les deux prochaines rencontres."

Contrairement à ce qu'il s'était passé en Russie après la défaite inaugurale contre le Mexique (1-0), les commentateurs n'incriminent ni l'état d'esprit du groupe ni les choix du sélectionneur. Journalistes et consultants retiennent leurs coups, admettent que la France était simplement plus forte, et se cantonnent à des débats tactiques à la marge: comment être plus agressifs sur les ailes? Comment mieux exploiter les coups de pieds arrêtés offensifs?

Ronaldo en confiance

Mais Löw, avec ses 15 ans d'expérience, sait qu'il est à 90 minutes de la curée. Qu'il perde contre le Portugal, et la meute sera lâchée. Son titre de champion du monde 2014, qui avait fait de lui un intouchable, est oublié depuis longtemps. Après la Russie, puis encore après plusieurs mauvais résultats ces trois dernières années, il a été violemment attaqué. L'opinion a demandé sa tête à plusieurs reprises. En vain.

A 61 ans, et avant de céder la place à son ancien adjoint Hansi Flick après le tournoi, Löw jouera peut-être dès samedi sa place dans les livres d'histoire. L'opposition sera coriace: Cristiano Ronaldo et ses coéquipiers sont en pleine confiance après leur victoire 3-0 en Hongrie

En cas de défaite, la Mannschaft ne sera pas forcément éliminée, puisque les quatre meilleurs troisièmes de groupe participeront aux 8es de finale. En rentrant aux vestiaires, les quadruples champions du monde pourraient alors demander conseil aux Portugais: en 2016, ils étaient sortis troisièmes de leur poule avec 3 points, avant de remporter le titre en finale contre... la France.


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