Pinot les a bluffés

Reuters

Egan Bernal s’est accroché tant qu’il a pu. Mais après avoir longtemps résisté, étant le seul à parvenir à tenir la roue de Thibaut Pinot, le jeune Colombien de l’équipe Ineos a dû s’avouer vaincu et lâcher prise à trois kilomètres de l’arrivée jugée au sommet du Prat d’Albis. Et s’il n’a finalement concédé qu’un débours de 18 secondes sur le coureur tricolore, le porteur du maillot blanc du meilleur jeune du Tour de France ne pouvait que reconnaître la supériorité du Vosgien, deuxième de cette 15e étape après s’être imposé la veille au sommet du Tourmalet.

"C’est incroyable. Seulement incroyable. Il a été le plus fort d’entre nous. j’ai essayé de le suivre mais je n’ai pas pu car il était simplement meilleur, a-t-il ainsi commenté dans des propos relayés par France Télévisions, se satisfaisant pour l’heure de sa cinquième place au général à 2'02'' de Julian Alaphilippe et seulement 12 secondes de Thibaut Pinot, revenu à la quatrième place. J'ai beaucoup souffert pour essayer de rester avec Pinot, mais c'est le Tour. Quand je me suis fait lâcher, je méritais d'être là où j'étais, je m'en suis satisfait. J'ai 22 ans et c'est déjà un rêve de me retrouver parmi les meilleurs."

Et Egan Bergal n’a pas été le seul cador du peloton à avoir été impressionné par le rythme imposé par le coureur de la FDJ dans la montée finale. Il en a été de même de Steven Kruijswijk, le troisième du classement général, qui ne devance plus le Tricolore que de trois petites secondes. "Je suis resté dans la roue de Thomas car je ne pouvais pas suivre Pinot. Quand il est parti, rien ne pouvait l’arrêter. Nous avons juste essayé de limiter le plus possible les dégâts", a confessé le coureur néerlandais, convaincu que Thibaut Pinot sera l’homme à battre dans les Alpes. L’actuel porteur du maillot jaune constatait d’ailleurs volontiers lui aussi la supériorité de son compatriote. "Thibaut est un des meilleurs grimpeurs du monde, il le prouve sur ce Tour. Il l’a bien préparé et il est encore frais, pas comme moi", a ainsi commenté Julian Alaphilippe.

Les avis semblent néanmoins encore partagés quant à ses chances de remporter ce Tour de France. Si Julien Jurdie, le directeur sportif d’AG2R La mondiale, interrogé dans L'Equipe, en fait son favori, affirmant même "ne pas voir qui peut l’empêcher de remporter le Tour" tant "il est le meilleur", Matthew White, son homologue chez Mitchelton-Scott, vote toujours Geraint Thomas. "Thomas va aller de mieux en mieux et il a l’expérience, le soutien de Bernal et Poels", a-t-il justifié. Le vainqueur du dernier Tour n’est pas le moins inquiet. "Je suis sûr que Pinot va connaître un jour plus difficile. Enfin, peut-être… ", ose espérer le Gallois.