Journée tranquille pour Alaphilippe

Reuters

Il y a bien eu la chute (sans gravité heureusement) d'un soigneur de la Bora-Hansgrohe au moment de transmettre un bidon, ou l'imbroglio Rohan Dennis qui a quitté la route du Tour en plein milieu d'étape suite, a priori, à une engueulade avec son directeur sportif. Mais on s'est quand même ennuyé ferme ce jeudi sur la Grande Boucle lors de la 12e étape, la première qui traversait les Pyrénées. Il y a eu de la bagarre dans la plaine pendant une petite heure, car il y avait des candidats pour prendre l'échappée. Mais une fois qu'un groupe de 40 hommes s'est détaché à l'avant, c'était rideau pour le peloton, ou presque.

Pour son septième jour en jaune, Julian Alaphilippe a donc passé une journée très tranquille. Alors que ses coéquipiers de la Deceuninck-Quick Step ont maintenu un tempo relativement élevé jusqu'au pied du col de Peyresourde, aucune autre formation n'a souhaité prendre le relais pour tester le maillot jaune, ou les autres favoris. Il est vrai que le terrain ne se prêtait pas forcément à la grande bataille, avec le sommet de la Hourquette d'Ancizan placé à 30 kilomètres de l'arrivée, mais visiblement, c'est surtout la perspective du contre-la-montre de Pau, vendredi, qui a incité les prétendant au classement général à garder leurs forces. Tant pis pour le spectacle, tant mieux pour Alaphilippe, qui conserve donc 1'12" d'avance sur Geraint Thomas avant le chrono de Pau, ce qui ne sera pas de trop.

A l'avant, heureusement, certains n'ont pas perdu leur journée. Peter Sagan avait pris l'échappée pour prendre les points du maillot vert, Tim Wellens aussi pour consolider son maillot à pois, ce qu'il a fait en passant en tête au sommet du Peyresourde. Pour la victoire d'étape, Lilian Calmejane (Total-Direct Energie) a été le premier à attaquer, dans Peyresourde, à 70 kilomètres de l'arrivée. C'était sans doute trop tôt, et c'est dans la Hourquette d'Ancizan que tout s'est joué.

Un trio s'est isolé en tête, avec Simon Yates (Mitchelton-Scott), Pello Bilbao (Astana) et Gregor Mühlberger (Bora-Hansgrohe), qui avait été un adversaire coriace pour Alaphilippe à Saint-Jean-de-Maurienne sur le Dauphiné. Mais c'est bien Yates qui s'est imposé au sprint dans les rues de Bagnères-de-Bigorre, lui qui était le mieux placé à la sortie du dernier virage, sans doute aidé par son passé de pistard. Le vainqueur de la Vuelta 2018 a obtenu ce qu'il était venu chercher sur ce Tour, la victoire d'étape, qui lui permet d'effacer un peu sa déception du Giro (8e). C'était peut-être le bon jour, car les prétendants au classement général n'avaient manifestement pas envie de combattre. Rendez-vous samedi soir, après le chrono de Pau, et le Tourmalet, pour y voir un peu plus clair.