Enfin une Grande boucle indécise. 

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C'est sûrement le Tour de France le plus ouvert de ces dernières années. Si la formation Ineos (ex-Sky) paraît supérieure au reste du peloton, l'absence de Chris Froome et l'état de forme incertain de Geraint Thomas peuvent laisser planer des doutes sur sa vulnérabilité. Le tenant du titre gallois sort d'une chute assez violente qui l'avait contraint à l'abandon lors du Tour de Suisse. "Ce n’est pas un secret que ma préparation a été affectée par cette chute, mais j’ai eu un bon bloc d’entraînement depuis et je me sens prêt. Je n'ai pas de séquelles", a-t-il tenté de rassurer. 

Le dossard numéro 1 pourra compter sur sa formation, mais également sur le crack Egan Bernal. Le Colombien de 22 ans apparaît comme le co-leader d'Ineos. Après sa 15e place sur le Tour l'an dernier, il a commencé la saison tambour battant avec une victoire sur le Tour de Californie, et plus récemment sur le Paris-Nice, devant Nairo Quintana. Pas prévu sur le Tour, il profite du forfait de Chris Froome pour partir de Bruxelles samedi, nul doute qu'il n'a rien à perdre et pourra montrer ses qualités de grimpeur.

Fuglsang, l'empêcheur de tourner en rond

Autre grosse écurie: la Movistar. La formation espagnole arrive avec son trio Alejandro Valverde, Mikel Landa et Nairo Quintana. Si aucun favori ne se détache, les trois coureurs ont les qualités pour terminer sur le podium, voire mieux. Le champion du monde espagnol peut faire jouer son expérience, notamment dans les étapes de montagnes. De son côté, Nairo Quintana doit enfin faire valoir ses qualités. Le grimpeur colombien, désormais dans l'ombre de Bernal, doit profiter de l'absence de Froome pour s'affirmer en montagne - ce Tour 2019 ressemble à une dernière chance pour lui. Enfin Mikel Landa, en lieutenant de luxe, peut profiter du fait que les favoris se regardent, à l'instar de Wout Poels chez Ineos. Tout ce beau monde devra peut-être collaborer pour faire barrage au coureur le plus en forme de ce début de saison: Jakob Fuglsang. Le Danois de l'équipe Astana n'a jamais paru autant facile que cette année, et pourrait profiter de l'attentisme de certains en montagne. 

Du côté des Français, Romain Bardet et Thibaut Pinot ont déjà affiché des ambitions de podium sur ce Tour 2019. Pour Thibaut Pinot, tous les signaux semblent au vert. Son équipe Groupama FDJ n'a jamais semblé aussi forte pour les étapes de montagne, avec notamment la présence du nouveau champion de Suisse Sébastien Reichenbach, de Rudy Molard et du jeune David Gaudu. Reste à savoir si sa santé le laissera tranquille. Romain Bardet, lui, paraît moins en forme. Le deuxième du Tour en 2015 espère se battre avec les meilleurs, mais son début de saison ne pousse pas à l'optimisme. Le contre-la-montre par équipe de dimanche devrait donner des indications sur sa forme physique.