Alaphilippe veut faire de la résistance

Reuters

Julian Alaphilippe pouvait difficilement imaginer meilleur scenario pour cette entrée dans les Pyrénées, jeudi. Alors que le maillot pouvait craindre quelques attaques des cadors du Tour, le peloton des favoris est resté immobile. Autant en raison des 30 kilomètres à parcourir après l’ascension de la deuxième difficulté de la journée, la Hourquette d'Ancizan, classée en 1ère catégorie, qu’en vue du contre-la-montre prévu le lendemain.

Le seul et unique contre-la-montre du Tour de France 2019 a en effet lieu ce vendredi autour de Pau sur un tracé de 27 kilomètres pour le moins vallonné. L’occasion pour Geraint Thomas de frapper un grand coup et pour les autres de limiter les dégâts. Alors qu’il possède 1’12’’ d’avance sur le Gallois, Julian Alaphilippe tentera ainsi de conserver un jour de plus son maillot jaune. La tâche du coureur tricolore ne s’annonce pas simple.

Le vainqueur du Tour 2018 est le grand favori à la victoire lors de ce contre-la-montre. Non seulement parce que le parcours accidenté de cette 13e étape ne semble pas favorable aux spécialistes de l’effort solitaire, mais également parce qu’il y a un an, sur un profil similaire, entre Saint-Pée-sur-Nivelle et Espelette, il n’avait été devancé que par Tom Dumoulin et son coéquipier Christopher Froome, tous les deux absents cette année.

Julian Alaphilippe avait, lui, concédé un débours de 3’28’’ sur le Gallois lors de cette 20e étape. Mais les conditions étaient évidemment différentes. Le Français, fort de ses deux victoires d’étape et de l’assurance de remporter le maillot à pois, n’affichait pas la même motivation. Sans même évoque le supplément d’âme que donne le maillot jaune à celui qui le porte.

D’ailleurs, lors du dernier Dauphiné, il avait terminé à une honorable septième place, à moins d’une minute de Wout van Aert, un spécialiste de la chose, et dans les mêmes temps que Steven Kruijswijk ou Simon Yates. Sans parler de son succès en tout début de saison en Argentine. Reste à connaître son état de fraîcheur, lui qui a beaucoup donné depuis le début du Tour de France. Le coureur de la Deceuninck-QuickStep sait ce qui l’attend.

"Il va falloir se faire mal et repousser ses limites. Je sais faire ça, j'ai l'habitude et je suis encore plus motivé que d'habitude, j'ai une bonne raison de me faire encore plus mal. Je vais donner le maximum et ce ne sera que du bonus, a-t-il ainsi déjà annoncé, ajoutant au sujet de son rival gallois. C'est toujours mieux d'avoir une minute d'avance, mais Geraint Thomas est un spécialiste, donc ce sera très dur."