Alaphilippe toujours plus fort

Reuters

Julian Alaphilippe continue d'épater, d'étape en étape, sur le Tour de France. Pour son huitième jour avec le maillot jaune, le Français a fait honneur, et c'est peu dire, à la mythique tunique, dont on fêtait ce jour le centenaire. Le coureur de la Deceuninck-Quick Step était parti de Pau avec le simple objectif de conserver une partie de son avance sur Geraint Thomas, son plus proche poursuivant au classement général (+1'12"), au terme des 27 kilomètres du contre-la-montre. Il a fait mieux que ça: il a gagné le chrono, et il s'offre ainsi sa deuxième victoire d'étape, après Epernay.

On savait que le puncheur tricolore excellait dans les efforts de cette durée, 30 minutes en environ, et qu'il était plutôt à l'aise dans l'exercice solitaire, comme il l'avait prouvé en 2017 sur Paris-Nice. Mais de là à imaginer qu'il s'impose, il y avait un monde d'écart, et Alaphilippe a encore repoussé ses limites. Quelles sont-elles, d'ailleurs ? Lui-même, sans doute, ne les connaît pas. Le Montluçonnais est parti fort sur ce chrono, en tête au premier intermédiaire, devant Thomas (+5"). Il a maintenu cet écart aux deux points de passage suivant, et il lui restait à tenir dans le final, plus roulant, moins accidenté, plus favorable, sur le papier, à son principal adversaire. Pas un problème pour Alaphilippe, qui a fini très fort, et a franchi la ligne avec 14 secondes d'avance sur le vainqueur de l'édition précédente. Épatant, ébouriffant, à vous de choisir. "Il a repris du temps à Thomas sur le plat, chapeau", admirait Bernard Hinault dans l'aire d'arrivée.

"Je ne pensais pas gagner"

"C'est incroyable, a réagi sur France 2 celui qui est, encore, le héros du jour. Je suis vraiment content. Sans prétention, sur un tel parcours, je savais que je pouvais faire une bonne performance. Mais je ne pensais pas gagner, en plus avec de l'avance. J'avais dit avant le départ que je voulais me surprendre, je savais que j'allais me mettre la misère, avec ce maillot jaune. J'ai repoussé mes limites. Il y avait tellement de folie avec le public, j'ai tout donné jusqu'à la ligne. Dans mon équipe, j'ai entendu qu'ils avaient tous pleuré dans la voiture."

Alaphilippe poursuit donc son Tour de France exceptionnel, et conserve les commandes de la course. Mais Geraint Thomas n'a pas à se plaindre du déroulement de cette journée. Le Gallois a repris du temps à tous ses rivaux, notamment à son coéquipier Egan Bernal, relégué à près d'1'30", ce qui devrait figer la hiérarchie au sein du Team Ineos en faveur de celui qui était en jaune à Paris l'an dernier. C'est Steven Kruisjwijk qui se hisse sur la troisième marche du podium, le Néerlandais étant l'un des gagnants du jour, avec Mas, Uran, Porte ou Pinot, qui sont remontés au classement, contrairement à Quintana, Yates, ou Dan Martin. On en sait un peu plus sur la hiérarchie des cadors annoncés avant que ne débute la grande bataille en montagne, samedi, en direction du Tourmalet. Ce qu'on ignore, en revanche, c'est où s'arrêtera Alaphilippe. On est encore très loin du bout mais il faudra bien, à un moment, que quelqu'un vienne le déloger.