Un 20e Brennus pour Toulouse

Top 14 Rugby

Les amateurs de rugby ont eu le nez creux, puisqu’ils étaient, selon un sondage Odoxa pour RTL pas moins de 61 % à miser sur un retour du Stade Toulousain au sommet de la hiérarchie nationale.

La « finale de rêve », inédite réunion au Stade de France du premier et du deuxième de la phase régulière – une première depuis l’instauration des barrages en 2009 – a pas poussé la logique ultime jusqu’à permettre aux Toulousains de valider leur saison exceptionnelle par un vingtième Bouclier de Brennus. 

 

 

Ramos, quelle revanche !

Mais la promesse de cette affiche idéale aura souffert, évidemment, du poids de l’enjeu et de l’inévitable pragmatisme, qui rattrape les finalistes. A la très utopique orgie de jeu espérée par certains optimistes béats, le début de match offre bien au contraire, entre deux défenses qui se tiennent en respect, un bon vieux duel de buteurs, où le réalisme de chaque équipe prime. Greig Laidlaw (2e, 14e) continue son exceptionnel sans-faute – 30/30 au coup d’envoi – quand Thomas Ramos oublie ses échecs en demi-finale (9e, 18e). Cette finale a besoin d’un essai pour décoller et c’est Toulouse qui ajoute un 106e à sa collection record : un bras cassé vite joué dans les 22 mètres adverses et le ballon est écarté sur l’aile avec ce dernier coup de rein de Cheslin Kolbe pour Yoann Huget (11-6, 28e).

L’ASM, déjà frappée durement par le forfait crève-cœur de son flanker Arthur Iturria avant le coup d’envoi, voit sa troisième ligne décimée avec la sortie sur protocole commotion d’Alexandre Lapandry (31e). Un mauvais coton pour les Auvergnats, même si sur une interception de son capitaine Fritz Lee, Kolbe plaque sans ballon et reçoit un carton jaune indiscutable sous ses perches ; Laidlaw réduit le score avant la pause (11-9, 34e). La « finale de rêve » avait, c’est confirmé, tout du fantasme…

 

Ce n’est pas l’échange de coups de pied sans ambition de la reprise qui va rallumer la flamme. Mais au moins le Stade tue son infériorité numérique sans dommage et, sur l’effort de ses avants, ajoute trois points de plus grâce à Ramos (14-9, 49e). Auxquels Laidlaw, impérial, répond du tac au tac sur l’incursion immédiate des Clermontois dans le camp toulousain (14-12, 52e). A défaut de grandes envolées, le même refus de plier habite les deux équipes. Même s’il y a côté toulousain la maîtrise et la précision supplémentaires d’un numéro un de saison régulière qui finit par s’exprimer sur un presque copié-collé du premier essai où, malgré la pression défensive, les trois-quarts rouge et noir excellent, à l’image de cette passe sur un pas de Ramos, pour offrir à Huget son doublé en coin (21-12, 55e).

Ça s’appelle un break, un vrai, et la folle série de Laidlaw (61e) ne suffit pas quand dans la foulée Ramos récompense encore au pied la confiance maintenue de son staff (24-15, 66e). Sans que le dernier coup de pied de Camille Lopez n’y change rien (24-18, 73e). Comme la renaissance de tout un club, beau et logique champion face à un adversaire qui, s’il a dépassé la malédiction en finale, reste une fois de plus sans réponse face à sa bête noire (*). Le Brennus rentre au Capitole !