Clermont : Une baisse de salaire pour les joueurs ?

Suspendus depuis un peu plus de deux semaines, les championnats de Top 14 et de Pro D2 sont dans l’incertitude. Alors que la France, comme une bonne partie de l’Europe, est au cœur d’une crise sanitaire sans précédent liée au Covid-19, l’idée même de fixer une date pour la reprise de la compétition est encore loin malgré la mise en place par la Ligue Nationale de rugby de groupes de travail dont le but est de réfléchir à toutes les conséquences de cette situation et les mesures à prendre pour limiter en limiter les dégâts. Une de ses mesures, à laquelle le syndicat des joueurs Provale s’est dit prêt à discuter, c’est la baisse des salaires. En effet, le président de l’ASM Clermont Auvergne Eric de Cromières, dans un entretien accordé au quotidien local La Montagne, évalue à quatre millions d’euros le total des recettes que son club perdrait en cas de fin anticipée de la saison de Top 14.

De Cromières : « Pas question de cas par cas, que chaque club fasse sa sauce »


Le dirigeant du club auvergnat n’a pas fermé la porte à cette idée, mais à certaines conditions. « Si cela se fait, ce sera le fruit de négociations entre toutes les parties. Pour moi, une baisse de salaire doit être unilatérale, la même pour tous les clubs, assure ce dernier. Pas question de cas par cas, que chaque club fasse sa sauce. » Pour le patron des Jaunards, cette baisse des rémunérations doit être limitée et indexée sur le montant du salaire. « Ma tendance serait d’opérer par couches… Par exemple, jusqu’à 150 000 € de salaire annuel, on ne touche à rien, de 150 000 à 300 000 €, moins 5 % et au-delà, moins 10 %, résume Eric de Cromières. Je ne trouverai pas raisonnable de pénaliser des joueurs qui débutent ou la majorité des joueurs de ProD2 qui ont des salaires, certes avec lesquels on vit bien, mais qui ne permettent pas d’économiser pour l’avenir. » Outre les questions économiques, les questions sportives sont également au cœur des discussions.

Un Top 16 « injouable sous la forme de poule unique » pour de Cromières


Tant la forme que prendra la fin de la saison 2019-2020 que les conséquences sur les promotions et relégations pour la saison 2020-2021 sont âprement discutées au sein de la LNR. Pour le président de l’ASM, le calendrier actuel ne permettrait pas de terminer la saison comme initialement prévu. « Ma théorie, qui est tout à fait personnelle, est que l’on pourrait reprendre l’entraînement collectif au mois de mai, ce qui laisserait le temps de disputer au moins les phases finales du Top 14, assure ce dernier. C’est une possibilité. » Quant à la saison prochaine, l’idée de renoncer aux relégations mais de procéder à des promotions élargissant l’élite du rugby français fait son chemin. Mais un « Top 16 » n’est pas la solution idéale pour Eric de Cromières. « On jouerait ainsi la saison prochaine un Top 15, ce qui est acceptable sur un an. Un Top 16 ? Il me paraît injouable sous la forme de poule unique, assure le dirigeant clermontois. Vis-à-vis des joueurs, jouer plus de matchs encore n’est pas acceptable. Et puis, un Top 16 signifie 3 descentes la saison prochaine… il faut en avoir conscience. » Une situation dont le rugby professionnel français ne pourra sortir qu’avec un compromis, si la situation sanitaire permet effectivement de conclure la saison.