Le dopage n'inquiète pas Federer

Recordman des victoires en Grand Chelem et considéré par beaucoup comme le meilleur joueur de l’histoire, Roger Federer est toujours très écouté lorsqu’il prend position dans un de ces débats qui, plutôt nombreux ces derniers temps, ébranlent son sport. De retour à la compétition à Miami après six semaines d’absence et une arthroscopie de son genou blessé à Melbourne, en début d’année… lors d’un bain donné à ses deux jumelles (!), le n°3 mondial a réagi à la fois au contrôle positif de Maria Sharapova et à la polémique autour de l’égalité des dotations entre hommes et femmes.

"Peut-être suis-je naïf dans le fait que je crois les athlètes, j’ai confiance en ce qu’ils font." 

Un Federer qui, sur le thème du dopage, refuse de céder à l’alarmisme ambiant en estimant que l’affaire Sharapova est même plutôt un bon signe: "J'ai été surpris, je pensais qu'elle allait annoncer son départ à la retraite ou quelque chose comme ça, cela montre que les joueurs les plus connus peuvent être attrapés et que le système en place fonctionne", juge-t-il, cité par le Guardian. Et de poursuivre: "Je ne pense vraiment pas que c'est un problème majeur, je ne crois pas qu'il y ait beaucoup de gens qui se dopent. (…) "Peut-être suis-je naïf dans le fait que je crois les athlètes, j’ai confiance en ce qu’ils font." Une position qui s’appuie peut-être plus sur une éthique personnelle que sur une réalité sans doute plus sombre. "Je ne peux parler que pour moi-même, je sais ce que je fais, dès que je prends quelque chose, je contrôle quatre fois(que le produit n’est pas interdit), car je ne veux pas prendre de risques."

"Je suis favorable à l'égalité des dotations"

A écouter Federer, les instances du tennis, pourtant très critiquées, seraient donc à la hauteur du problème. Même s’il s’étonne, en tant que résident à Dubaï, n’y avoir été contrôlé qu’une seule fois depuis dix ans, alors qu’il fait en revanche l’objet de contrôles répétés lorsqu’il évolue en Europe. "Je suis plus testé en Suisse parce qu’un testeur vit dans mon village. Il est venu et m’a vu le jour qui a suivi mon opération, ainsi qu’une semaine plus tard", explique-t-il, avant de plaider pour une rétroactivité des contrôles: "Je crois qu'on devrait conserver les échantillons sanguins pendant dix ans, les stocker et le faire savoir aux joueurs et joueuses. On pourrait les punir de façon rétroactive."  

Quant à la question des prize money, qui déchaîne depuis une semaine les passions, Federer, même "si cela dépend de quel tournoi nous parlons", ne louvoie pas à la manière d’un Djokovic, mais se veut catégorique sur le sujet: "Je suis favorable à l'égalité des dotations (...) je suis heureux que le tennis ait produit certaines des plus grandes athlètes de l'histoire, le tennis est une belle plateforme, l'égalité est une bonne chose." Voilà qui a le mérite d’être clair, n’est-ce pas Novak ?


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