Verstappen, c'était écrit

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"C'est fantastique, je peux à peine y croire…" Dimanche soir, après sa toute première victoire en F1 au volant d’une Red Bull qu’il découvrait à peine, Max Verstappen semblait tout juste réaliser l’ampleur de son exploit. Devenu l’an dernier en Australie le plus jeune pilote engagé en F1, puis le plus jeune à marquer des points quinze jours plus tard à Sepang - alors septième du GP de Malaisie - le Néerlandais de 18 ans et sept mois est entré dans l’histoire ce week-end, en s’invitant sur la plus haute marche du podium à Barcelone. Ce alors que son prédécesseur en matière de précocité, Sebastian Vettel, affichait déjà 21 ans et deux mois au compteur, en septembre 2008, lorsqu'il se révéla aux yeux du monde entier à Monza.

Gamin, il a rencontré Schumacher

C’est donc peu dire que la performance est exceptionnelle. Pourtant, à y regarder de plus près, elle était réellement attendue, préparée minutieusement depuis des années par Jos Verstappen, son illustre paternel aux 107 Grands Prix et 2 podiums (aux GP de Hongrie et Belgique 1994, au volant d’une Benetton Ford). Non sans le concours d’une maman qui, elle, s’est fait un nom dans le milieu du karting, Sophie-Marie Kumpen… "Mon père va être très fier de moi. Jos m'a tant aidé à réussir ça", dixit Max sitôt ses esprits retrouvés, lui qui, tout petit, s’est attelé à rivaliser avec son père sur les circuits de kart - plus habitué aux paddocks qu'aux bancs de l'école, désertés peu après avoir fêté ses huit ans. Avec parfois de belles et mémorables rencontres à la clé, et ce dès le plus jeune âge, comme ce fameux jour où il croisa Michael Schumacher, haut comme trois pommes, et que celui-ci lui confia: "Si tu travailles dur, un jour tu pourras être tout en haut du podium comme moi..."

Le pari Red Bull

"Quand Red Bull m’a appelé, je n’en ai plus dormi pendant trois nuits".

Max Verstappen

Jos Verstappen à cette époque s’occupe de tout: entraîneur, professeur, manager… Et c’est encore lui qui parvient à vendre son fils à Red Bull en 2014, alors qu’il vient de terminer troisième d’un championnat d’Europe de Formule 3 remporté par un certain Esteban Ocon, pilote français désormais cantonné au rôle de troisième homme chez Renault. Dès lors, tout s’enchaîne très vite pour Max. En 2015, alors qu’il n’a pas le permis de conduire, il intègre l’écurie Toro Rosso et fait rapidement de l’ombre à son coéquipier - lui aussi fils de - Carlos Sainz Jr. Et alors que Jos commençait à évoquer des contacts avec Ferrari et Mercedes, Red Bull prend le pari, il y a dix jours, de promouvoir le jeune Batave au détriment d’un Daniil Kvyat coupable d’un Grand Prix de Russie catastrophique et fatal à Sebastian Vettel (l’ancien chouchou de la maison autrichienne)… Avec la réussite que l’on sait. "Quand Red Bull m’a appelé, je n’en ai plus dormi pendant trois nuits. Avec cette équipe, je peux enfin viser des podiums en série. C’était le plan prévu", avoue Max Verstappen, qui bénéficie désormais des moyens de ses ambitions. Les ambitions de tout un clan.  


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