Alonso est bien de retour !

C'est la délivrance pour Fernando Alonso. Le pilote espagnol, après avoir passé avec succès la nécessaire visite médicale imposée par la FIA pour permettre son retour en F1, est autorisé à prendre part au Grand Prix de Malaisie, qui se déroulera ce week-end, sur le circuit de Sepang.

Quarante-cinq minutes de tests pour une nouvelle qui ne faisait guère de doutes pour l'ancien pilote Ferrari, passé à l'intersaison chez McLaren. En effet, Alonso avait déjà répondu favorablement aux batteries d'examens effectués avant son départ pour l'Asie. La semaine dernière, il avait effectué des tests dans le simulateur situé au siège du team britannique, à Woking. Et sa seule présence à Sepang suffisait à accréditer la perspective de ce feu vert délivré par l'instance internationale. "Feu vert pour courir", c'est justement l'expression employée par l'intéressé pour relayer la bonne nouvelle via son compte Twitter. Sans oublier au passage de remercier "la FIA et McLaren F1 pour le travail, le professionnalisme et l'aide au cours de ce dernier mois."

Pour rappel, le double champion du monde, âgé aujourd'hui de 33 ans, avait été victime d'un accident le 22 février, sur le circuit de Barcelone, lors d'une séance d'essais d'avant-saison. De nombreuses questions entouraient depuis sa convalescence prolongée, concernant notamment un éventuel malaise ou une défaillance de sa monoplace. Des interrogations qui, aujourd'hui encore, restent sans réponse...

Car, bien que cerné de questions par des journalistes avides de faire la lumière sur son accident, Alonso n'a pas été en mesure de lever le mystère lors d'une conférence de presse attendue comme l’un des premiers temps forts les plus attendus de ce week-end en Malaisie. L'occasion tout de même pour lui de souligner qu'il se souvient de chaque détail de son accident, mais aussi de battre en brèche certaines idées fausses avancées depuis...

"Un problème de direction..."

"Tout était plus ou moins normal dans le cas d'une commotion, a-t-il expliqué. J'ai été admis à l'hôpital dans une bonne condition. Il y a un moment dont je ne me souviens pas à l'hôpital entre 14h et 18h ce jour-là, mais c'est normal en raison du traitement." Pour le reste, les conditions de son réveil, qui ont suscité bien des fantasmes, ont été, à l'en croire, tout ce qu'il y a de plus normales : "Je ne me suis pas réveillé en 1996, je ne me suis pas réveillé en parlant l'italien, toutes ces choses qui ont pu êtres dites. Je me souviens de l'accident et tout ce qui s'est passé entre l'accident et le jour qui a suivi", précise-t-il. 

En revanche, aucun élément nouveau n'est venu éclaircir les circonstances de cet accident : "Il n'y a rien de clair dans les données qui nous permettent d'en donner les raisons, mais nous avons de toute évidence eu un problème de direction dans le tour trois. Ça a tiré tout droit", souligne Alonso. "Je me suis approché du mur, j'ai freiné au dernier moment, je rétrograde, mais, malheureusement, à ce jour, nous manquons toujours de données. L'acquisition de données n'est pas à son top sur cette partie de la voiture en particulier, qui a reçu de nouveaux capteurs et subi des changements la semaine dernière."

Une seule certitude, la théorie, avancée par Ron Dennis lui-même, selon laquelle le vent aurait pu déporter la monoplace dans cette portion du circuit, est nulle et non avenue : "Certainement pas. Même un ouragan ne déplacerait pas la voiture à cette vitesse." Une théorie qui, de son propre aveu, "n'a pas été une aide", même s'il ajoute : "Une partie de la confusion vient des déclarations effectués alors que la pression était très élevée (sur l'équipe), que j'étais en soins intensifs et qu'il y avait urgence à dire quelque chose." Or, plus d'un mois après l'accident, Alonso reste aujourd'hui encore sans aucune certitude : "Il est clair qu'il y a eu un problème avec la voiture, mais ça n'a pas été trouvé dans les données pour le moment."

En attendant, sa course s’annonce d’ores et déjà comme sans doute l’un des plus grands défis de sa riche carrière. Sur un circuit réputé comme l’un des plus exigeants de la saison, tant pour les machines que pour les pilotes en raison des températures élevées et de la forte humidité, qui y règnent. Au-delà de son seul retour à la compétition, l’homme des Asturies devra maîtriser ce contexte, mais aussi une nouvelle monoplace, la MP4-30, avec laquelle seul Jenson Button a su rallier l’arrivée lors du Grand Prix d’ouverture de la saison, à Melbourne, tout en concédant deux tours au vainqueur, Lewis Hamilton. On voit mal comment McLaren aura pu optimiser sa machine en l’espace de seulement quinze jours. Et Alonso, pour lequel une qualification en Q2 serait déjà une victoire, pourrait surtout devoir s’élancer de la dernière ligne sur la grille de départ. Du jamais vu pour l’Espagnol.