Snowboard : Pierre Vaultier a failli sortir de sa retraite


La mort dans l’âme, Pierre Vaultier annonçait, il y a presque un an jour pour jour, qu’il prenait sa retraite de snowboardeur professionnel en raison d’une grave blessure au genou. « Pour des raisons inconnues le cartilage de mon genou a entièrement disparu au cours de ces derniers mois. Résultat : prothèse totale de genou dans 2 semaines », écrivait alors le champion olympique 2014 et 2018 de snowboardcross et quadruple vainqueur de la Coupe du Monde. Mais au fil des mois, le natif de Briançon, âgé de 34 ans, a commencé à caresser le rêve d’un retour à la compétition. En juin dernier, il avait participé à un stage en marge du groupe France, puis en septembre, il avait retrouvé les Bleus pour un autre stage en Suisse. « Il est revenu dans le groupe comme un vieux plein de fraîcheur. Dans un coin de sa tête, il n’avait pas mis un terme à sa carrière comme il le souhaitait si bien qu’il nous implique à 200 % car il a envie de réussir », expliquait alors son entraîneur au Dauphiné.

Vaultier : "Murray joue avec une prothèse, car il a peut-être dû signer une décharge"


Mais le rêve a pris fin en ce mois de décembre. En raison de sa prothèse, le double champion olympique n’a tout simplement pas le droit de faire du sport de haut niveau, comme il l’explique au quotidien régional. « Nous avons fait une visio-conférence début novembre où tout le monde était réticent car ça coinçait du côté juridique. Il y a eu un effet domino déclenché par le cahier des charges de la prothèse. Le fabricant de la protection donne plusieurs contre-indications dont la pratique du haut niveau. Derrière, le chirurgien se range à cet avis initial de même que la commission médicale de la FFS et celle du CNOSF. J’ai découvert que l’athlète de haut niveau n’est pas du tout responsable de son corps, ce qui n’est pas toujours le cas à l’étranger. Andy Murray, par exemple, joue au tennis avec une prothèse à la hanche car il a peut-être dû signer une décharge. Nous, on s’est heurté au droit français et derrière, j’ai commencé à douter de mon projet. Ça m’a fait vaciller. J’ai dit à Kevin (Strucl, son entraîneur) que je ne le sentais pas mais il a cherché à trouver des solutions. Beaucoup de monde s’est mobilisé. Un chirurgien a été approché à Marseille, un autre au Luxembourg. De mon côté, je n’ai pas souhaité appeler un avocat. » La carrière de Pierre Vaultier est donc bel et bien terminée et il va désormais « sérieusement penser à (s)a reconversion », jamais loin du snowboard.

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