Jeux asiatiques d’hiver : La démesure du projet saoudien vivement critiquée

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C’est un choix qui fait jaser. Le Conseil Olympique d’Asie (OCA) a annoncé ce mardi que la ville saoudienne de Neom accueillera l’édition 2029 des Jeux asiatiques d’hiver. Une décision qui a été prise « à l’unanimité » lors de l’Assemblée Générale de l’institution, organisée à Phnom Penh. Si les tenants du projet ont affirmé que « les températures descendent en dessous de 0 degré en hiver et où les températures tout au long de l'année sont généralement inférieures de 10 degrés » dans la région désignée pour accueillir l’événement, ce sont des infrastructures monumentales qui sont prévues pour accueillir l’événement. Très vite, des voix se sont élevées pour critiquer cette désignation dont celle de la Fédération Française de ski, dans un communiqué commun avec l’Association Nationale des Maires des Stations de Montagnes, Domaines Skiables de France, l’Ecole du Ski Français. « Sportifs, élus et opérateurs touristiques de la montagne, nous avons pris connaissance avec sidération du projet d’organisation des Jeux asiatiques d’hiver 2029 en Arabie Saoudite, dans un lieu naturellement pauvre en précipitations et en eau, où il n’existe à ce jour ni station ni piste de ski, est-il déclaré dans ce communiqué. Nous ne pouvons que dénoncer ce projet aberrant et totalement à l’opposé de ce qui est souhaitable pour la planète. En tout état de cause, ce n’est pas le chemin que nous traçons pour les stations françaises et pour le ski français. »


Guégan : « Au-delà de la folie et de l’hérésie »


Mais, aux yeux du spécialiste en géopolitique du sport Jean-Baptiste Guégan, le choix de l’Arabie Saoudite pour un tel événement était « prévisible » même si ce dernier confie dans un entretien accordé au quotidien régional Ouest-France qu’il pensait « que cela viendrait plus tard » et concernant directement les Jeux Olympiques d’hiver. « Le fait qu’ils les obtiennent, dans un contexte où ils ont déjà les Jeux asiatiques d’été en 2034 pose tout de même question sur le processus d’attribution », a-t-il ajouté. Pointant dans un premier temps du doigt le fait que l’ancien président de l’OCA a été épinglé pour corruption, Jean-Baptiste Guégan assure que « c’est au-delà de la folie et de l’hérésie mais ça représente aussi ce que les monarchies du Golfe sont prêtes à faire pour exister sur la carte et préparer l’après-pétrole ». Une organisation des Jeux asiatiques d’hiver qui fera ainsi suite à l’accueil du Dakar mais également d’un Grand Prix de Formule 1 et ce alors que le pays est prêt à se lancer dans la course à l’organisation de la Coupe du Monde 2030 aux côtés de… l’Egypte et de la Grèce. Un projet auquel Jean-Baptiste Guégan ne croit guère. « Je pense qu’elle n’a aucune chance car dans le lot vous avez deux régimes autoritaires, ajoute-t-il. A un moment, la FIFA n’aura plus seulement les ONG aux fesses. » Une désignation qui, en somme, pourrait soit faire école, soit faire jurisprudence.

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